Le grand rouge du grand blond

Pierre Richard est actuellement en tournée dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Le « grand blond avec la chaussure noire » ne vient pas faire la promo de son dernier film, non, le propriétaire du Domaine de l’Evêque (Aude) se fait ambassadeur des vins de son vignoble. Après Flines-lez-Râches (Nord) et Péronne (Somme) la semaine dernière, Pierre Richard sera présent ce samedi 30 janvier à Viry-Noureuil pour parler viticulture et partager le plaisir de déguster ses vins du sud. Il en dit plus à St-Quentin Mag.

Cela fait trente ans cette année que vous avez racheté le Domaine de l’Evêque à Gruissan (Aude). Racontez-nous ce coup de cœur…
Pierre Richard : « J’ai effectivement eu un coup de cœur pour l’endroit. Je n’avais pas du tout ce projet en tête… J’ai découvert les lieux en me promenant un dimanche. Pour acheter un vignoble comme celui-ci, il faut une bonne raison. J’ai discuté avec le régisseur, qui m’a parlé de son métier de vigneron. J’ai écouté d’une oreille distraite, mais pas si distraite que cela finalement… Un mois après être rentré à Paris, je me suis renseigné pour savoir si le domaine était toujours à vendre. Il l’était. J’ai pris l’avion. La maison était dans un triste état mais l’endroit est beau, blotti entre les rochers et les étangs, au bord de la Méditerranée. J’ai toujours eu besoin d’eau pour me plaire dans un endroit. J’ai dit à ma sœur, Véronique Gillet, que je voulais acheter et qu’elle m’aide à le développer. Elle est tombée de sa chaise ! « Nous n’y connaissons rien », m’a-t-elle répondu. Je lui ai répondu qu’il suffisait de s’y mettre ! »

Vous avez investi dans ce domaine mais aussi réellement appris le métier ?
Pierre Richard : « C’est un challenge que je me suis donné. Je veux le gagner par la qualité des produits. Le métier est passionnant mais aussi inquiétant. Nous sommes soumis aux aléas climatiques et chacun sait que l’homme ne peut apprivoiser la nature. Il est évident que les vignes sont des demoiselles fortes mais très capricieuses. Parvenir à fabriquer un vin de qualité nous a demandé beaucoup d’investissements et d’efforts. Nous avons fait appel à des conseillers en viticulture. Je vis à Paris pour le travail mais je suis présent très souvent sur le domaine. L’été, notamment, j’y passe deux mois et demi. Certaines vignes sont malades, il faut replanter et je choisis moi-même les cépages. »

Pourquoi avoir choisi de venir en personne faire la promotion de vos vins ?
Pierre Richard : « Depuis un an, nous travaillons ma sœur et moi avec Gilles Dubus, notre représentant sur le nord de la France. Il fait preuve de beaucoup d’enthousiasme et moi, dès que je peux, je viens jouer le rôle d’ambassadeur. Nous nous rendons dans tous les coins de la région, et plus les communes ont l’air perdu, plus les gens sont contents de me voir. Dans certains villages, nous ne voyons personne dans les rues en arrivant et le jour où je suis attendu, c’est noir de monde ! C’est fatigant mais enthousiasmant. Je viens pour partager le plaisir de la dégustation et dire merci à ceux qui nous font confiance. »