Le drame de Fukushima

Dans l’œil d’un photographe st-quentinois

Du 9 au 24 mars, l’espace Saint-Jacques accueille une exposition intitulée « Terres perdues ». Des films et photographies signés Tibo Dhermy. Un aventurier saint-quentinois, un baroudeur même, qui a parcouru le monde via Les Etats-Unis, bien sûr, mais aussi la Russie et la Tchétchénie, alors en plein conflit. Bizarrement, c’est le pays du Soleil-Levant, avec la terrible catastrophe de Fukushima, qui l’inspire le plus aujourd’hui. Tibo présente des photographies de grands formats, des portraits d’enfants réalisés en 2011 auxquels se superposent les mêmes portraits faits il y a quelques semaines seulement. L’occasion de découvrir la situation des lieux, la reconstruction… « Je me suis senti personnellement affecté par ce drame. Je veux montrer comment les habitants vont reconquérir leurs paysages, c’est une manière de les soutenir. »
Si sur place, la zone interdite s’est réduite en superficie, elle est toujours aussi dangereuse en terme de radioactivité. « Les gens vivent aux abords avec un poids psychologique assez difficile à assumer… Les autres Japonais les regardent comme des pestiférés. » Une situation comparable à celle de Tchernobyl où les populations, privées de parole, s’emmurent dans le silence… Un film de Tibo présente aussi le travail de Nakasuji Jun, un photographe présent sur la zone interdite et qui a également travaillé sur Tchernobyl. Une douzaine des enfants dont Tibo a tiré le portrait seront en France cet été pour un road trip, invités par l’association qui soutient l’exposition : Gambalo Japan. Un jumelage avec Saint-Quentin pourrait naître de ces relations.