Le coin du jardinier

Par Elie Delval, président de la société d’horticulture de Saint-Quentin

Prestigieux chrysanthème

Elle s’appelle marguerite d’automne, mais pour celui qui l’affectionne, son nom est plus prestigieux, c’est tout simplement le chrysanthème. La passion pour cette fleur naît de la diversité de sa floraison, de ses formes multiples, de ses couleurs très variées car, parmi les milliers de variétés actuellement dans le commerce, aucune ne se ressemble.
La fleur d’or a le grand privilège d’être aux yeux de tous la fleur du souvenir, car la tradition veut que chacun dépose sur la tombe d’un être cher au moins une potées de ces magnifiques plantes, à l’approche de la Toussaint.
Mais, pour son grand malheur, ce « symbole » du souvenir du disparu jette le trouble dans l’esprit de beaucoup de personnes pour qui cette fleur représente la tristesse et les jours sombres de la mauvaise saison. Les services des jardins dans les villes, notamment dans notre région, l’ont bien compris et en usent fort judicieusement, se révélant de vrais artistes. L’automne est aussi une saison fleurie dont le chrysanthème, par sa plasticité naturelle et son étonnante rusticité, est l’une des plus belles parures. Lorsque le vent du Nord devant vos portes pousse les feuilles mortes, quoi de plus beau que la façade d’une maison étincelant des mille et une fleurettes de toutes les couleurs des « cascades », telles des comètes pour remplacer l’éternel géranium qui a enchanté nos yeux tout l’été. A l’heure où les brouillards d’automne enveloppent vos jardins, ne soyez pas chagrins, quoi de plus admirable qu’un massif ou une plate-bande de chrysanthèmes à petites fleurs.

« Sous les derniers soleils de l’automne avancé, dans les derniers rayons des plus pâles beaux jours, il est une douceur plus tendre à la pensée, et belle encore d’effets et de riches retours. »

Sainte Beuve