Le chantier du demi-siècle les travaux du canal Seine-Nord-Europe vont enfin débuter

Véritable serpent d’eau douce depuis 1995, le canal Seine-Nord-Europe va enfin devenir réalité. L’Etat vient en effet de s’engager à verser 1,1 milliard d’euros, une somme équivalente à celle engagée par la région des Hauts-de-France et les départements de la Somme, l’Oise, le Nord et le Pas-de-Calais. L’Union européenne financera à hauteur de
50 % les études et 40 % les travaux.
Long de 107 km entre Compiègne et Aubencheul-au-Bac, près de Cambrai, ce canal doit relancer le transport fluvial entre le bassin parisien et le nord de l’Europe. Un investissement de près de 5 milliards d’euros. Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France, nous en dit plus…
Que représente pour vous l’engagement de l’Etat ?
– X.B. : « Il a fallu être très tenace ! L’Etat a enfin confirmé officiellement son financement et sans impôt pour les habitants de la région, ce à quoi j’étais totalement opposé. Je remercie Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, qui a toujours été l’avocat du dossier. L’Etat a mis du temps mais il tient parole. La convention financière va être signée avant la fin de l’année. Le premier coup de pioche devrait avoir lieu en décembre 2020 pour 7 ans de travaux. »
Sur le terrain, comment cela va-t-il se traduire ?
– X.B. : « Nous allons pouvoir accélérer dès le début de l’année 2020, notamment les recrutements pour les travaux, mais aussi accélérer la mise en œuvre des quatre plates-formes multi-
modales de Noyon, Nesles, Péronne et Marquion, qui interviendront lors de la mise en service du canal. Celles de Nesles et Péronne sont à moins d’une demi-heure de Saint-Quentin et j’ai bien l’intention que la ville tire son épingle du jeu. Ce sera de l’emploi pour le Saint-Quentinois et les entreprises. »
Quels sont vos espoirs en terme de créations d’emplois ?
– X.B. : « Un politique qui donne des chiffres, personne ne l’entend. Ces chiffres ne sont pas les miens. Les entreprises estiment qu’à terme, il y a un potentiel de plus de 30 000 emplois pour les plates-formes et le creusement du canal. C’est clairement le chantier du demi-siècle, il n’y aura pas de plus grand projet dans la région dans les 50 ans à venir. »
L’objectif de ce canal n’est-il pas également la protection de l’environnement ?
– X.B. : « Bien sûr que oui, son gabarit européen permettra la navigation de convois de 185 mètres de long pouvant contenir l’équivalent de 200 camions. Il restera bien sûr des camions sur l’autoroute A1, chaque année il y a une augmentation de sa fréquentation. Mais le canal permettra d’éviter la saturation. »

Quels travaux seront nécessaires ?

Outre le creusement du canal, les travaux du canal Seine Nord Europe comprendront :
– Un bassin réservoir pour l’approvisionner en eau en période de basses eaux.
– 6 écluses, plus 1 pour permettre la jonction avec le canal du Nord à proximité de Péronne.
– Des quais à proximité des plates-formes multimodales.
– Des quais de desserte pour les activités industrielles et les silos céréaliers.
– Des équipements pour la navigation de plaisance.
– 61 jonctions routières ou ferroviaires.
– Sur l’ensemble du tracé, une soixantaine de ponts permettront de franchir le canal.