Le Bouffon tombe le masque

Est-ce parce qu’il a longtemps été restaurateur ? Toujours est-il que Jean-Paul Lesot conserve un joli coup de fourchette dès qu’il s’agit de croquer la vie. Son menu du jour ? Farandole de facéties en entrée, suivie d’une farce à toutes les sauces et, pour finir, pantalonnade glacée et ses éclats de pitrerie… Un menu naturellement adapté aux fêtes du Bouffon, dont le coup d’envoi est prévu ce vendredi 6 juin avec, dans le rôle phare, l’incontournable Jean-Paul Lesot.
« C’est la 23e année que j’enfile le costume !, se réjouit l’intéressé. A l’origine, le Bouffon était élu parmi les associations participantes. Et puis, en 1992, on s’est dit qu’il valait mieux qu’on retrouve toujours le même dans le rôle du Bouffon, histoire de le personnifier. C’est comme ça que j’ai été désigné, à l’insu de mon plein gré ! »
Reste à savoir quelles sensations procure pareil personnage… « C’est loin d’être désagréable ! On peut tout se permettre, y compris d’être ironique ou insolent avec les petits comme les grands. A sa manière, le bouffon a toujours concouru à la défense des libertés. L’humour et surtout l’anticonformisme permettent un instant d’oublier les lois et les conventions qui encadrent nos existences. »
Wanted ! Le Bouffon serait donc un hors-la-loi, qui ne respecte rien ni personne, à commencer par la sacro-sainte règle de parité ? « Si une femme souhaite reprendre le flambeau, aucun problème ! D’ailleurs, les femmes n’ont pas moins de disposition que les hommes à pouvoir jouer les bouffonnes », ajoute malicieusement Jean-Paul Lesot.
Quoi qu’il en soit, son costume de Bouffon est déjà prêt : « Pendant longtemps, j’ai porté une robe médiévale taillée dans les rideaux de ma grand-mère. Mais elle était trop lourde et surtout trop chaude. Alors, l’an dernier, j’ai décidé d’opter pour un nouveau costume en lin, beaucoup mieux climatisé. » Seul hic : « Comme il est plus court, je suis désormais obligé de porter un caleçon ! » (sic). Inutile de nous appesantir sur la face cachée du Bouffon et feuilletons un instant avec lui son album-souvenir. « Ma meilleure année ? 1989. Cette année-là,  on a mis le paquet sur la ripaille en préparant pour la première fois la fameuse soupe du Bouffon. Les associations étaient chargées d’arpenter la ville pour collecter les légumes destinés à cuisiner 3 000 litres de soupe. Tout le monde mettait la main à la pâte ! Et puis, un règlement sanitaire débile est venu casser cette tradition. Désormais, on est obligé d’acheter du congelé », regrette Jean-Paul Lesot.
Au rayon des bons souvenirs du Bouffon, les naissances des géants restent largement en tête de gondole : citons ainsi Herbert, né en 1996, la belle Eléonore, apparue en 2000, et enfin Maurice, en 2010.
Côté cauchemar ? « Le pire, ce fut l’an dernier, à cause du mauvais temps. La pluie a vraiment gâché la fête. Tout est tombé à l’eau. » Mais pas de quoi décourager notre vaillant Bouffon et ses 150 fidèles, tous bénévoles, déjà sur le pied de guerre pour ces trois jours de fête, avec un seul mot d’ordre en tête : « Amusez-vous ! » Le moment est venu de réveiller le bouffon qui sommeille en vous…

Trois jours de fête :

– Vendredi 6 juin :

  • 14 h : ouverture officielle sur la place de l’Hôtel-de-ville.

– Samedi 7 juin :

  • Centre-ville : 11 h, aubade du carillon ambulant près du marché. 14 h 30, prestation des majorettes Twingy (Slovaquie). 15 h : parade des formations du Tattoo. 17 h 30, concert du carillon de Douai.
  •  Champs-Elysées : 10 h, ouverture du camp médiéval. 14 h 30, country avec The Saint-Quant Country Dancers. 16 h 30, concert des Millery’s.
  • Palais des sports : 20 h 30, festival international de show parade.

– Dimanche 8 juin :

  • Champs-Elysées : 10 h, ouverture du camp médiéval. 11 h, apéritif concert autour du carillon ambulant de Douai.
  • 15 h, défilé carnavalesque : départ bd Gambetta, passage place du 8-Octobre, puis dans les rues d’Isle, Sellerie, Raspail, Paringault, Baudreuil, Remicourt, arrivée sur les Champs.
  • 19 h, dégustation de la soupe du Bouffon aux Champs-Elysées. 20 h, concert de Staff.
  • 21 h 45, parade en ville des formations musicales. 22 h 15, départ du délire en fanfare.
  • 23 h 30, grand feu d’artifice musical (plage de l’étang d’Isle).

 

Côté carnaval
Outre les formations musicales étrangères, une bonne quinzaine d’associations locales vont participer dimanche au grand défilé. Citons ainsi la Croix-Rouge, APR, Viva la Vie, les Amis réunis du faubourg d’Isle, l’Association d’animation du faubourg d’Isle, les Bouffons de Demain, la « confrairie » du boudin noir, l’Association du faubourg Saint-Jean, les Stimulants, la Vaillante, le Magic Musical Corps, l’orchestre d’harmonie, le carillonneur Francis Crépin, The Saint-Quant Country Dancers, Stafff, Guillaume Zumba et Rancho Folclorico des Portugais de St-Quentin.

Côté Tattoo
Cette année encore, le grand Tattoo du samedi soir sera résolument international. Les formations musicales viennent ainsi d’Angleterre, d’Estonie, de France, de Moldavie, des Pays-Bas mais aussi de Pologne. Prix des places au palais des sports : de 11 à 18 €.

Côté soupe
Qui dit fêtes du Bouffon, dit aussi soupe du Bouffon ! Comme tous les ans, 3 000 litres de préparation à base de carottes, céleris, navets et autres pommes de terre seront à déguster dimanche aux Champs-Elysées, à partir de 19 h. Si vous avez oublié votre bol, pas de problème : sur place, le bol ou le mug aux couleurs des fêtes du Bouffon vous sera proposé au prix de 2 €. La soupe, elle, est gratuite !

Côté programme
Notez que le programme officiel des fêtes du Bouffon est toujours en vente (2 €) à la librairie Rédic (18, rue Raspail).

Laisser une réponse