« Le bal » des vanités

Adapté d’un roman d’Irène Némirovsky publié en 1930, voici « Le bal », une pièce programmée le 15 décembre prochain au théâtre Jean-Vilar. L’histoire ? Celle de la famille Kampf qui, devenue richissime, décide d’organiser un bal pour se faire accepter par la grande bourgeoisie parisienne. Las, bien décidée à se venger de sa mère avec qui elle entretient des rapports difficiles, Antoinette, la fille unique du couple Kampf, jette les invitations à la Seine. Le jour du bal, seule une invitée fera apparition… Tout à la fois drôle et caustique, cette pièce a été adaptée et mise en scène par Virginie Lemoine. Rencontre…

Pourquoi avoir décidé d’adapter au théâtre un roman d’Irène Némirovsky, un auteur peu connu du grand public ?
Virginie Lemoine : « J’ai découvert Irène Némirovsky en 2004, lorsqu’on lui a attribué le prix Renaudot pour son roman « Suite française ». Et j’ai été bouleversée par la vie de cette femme d’origine juive ukrainienne, placée en camp d’internement à Pithiviers en 1942 et décédée à Auschwitz la même année. Une femme qui, avant-guerre, a fait rayonner la culture française et dont l’œuvre avait malheureusement fini par tomber dans l’oubli. Je suis tombée en pâmoison devant ses romans, à commencer par « Le bal » que j’ai décidé d’adapter au théâtre. »

Ce roman avait déjà fait l’objet d’une adaptation, mais au cinéma en 1931 avec Danielle Darrieux. Vous l’avez vu ?
Virginie Lemoine : « Oui, mais je ne m’en suis pas du tout inspiré, d’autant qu’il modifie totalement la fin du roman. Pour ma part, avec l’aval de Denise, l’une des deux filles d’Irène Némirovsky que j’ai eu la chance de rencontrer, je suis restée fidèle au texte et à l’histoire. »

Une histoire de bobos, à la fois drôle et cruelle…
Virginie Lemoine : « Je ne dirais pas que les Kampf sont l’équivalent de nos bobos d’aujourd’hui, qui s’amusent à détourner les codes pour jouer la bohème. Les Kampf, eux, sont de petite extraction et vont devenir de nouveaux riches. Mais leur fortune ne leur permet pas de maîtriser les codes de la bonne société. Le bal qu’il souhaite donner, c’est véritablement une revanche, la volonté d’asseoir leur nouvelle position. »

On est très éloigné de l’univers qu’on vous connaît, celui d’humoriste. Vous êtes devenue une artiste sérieuse ?
Virginie Lemoine : « Sérieuse ? Non. Quand j’ai mis fin au duo que je formais avec Laurent Gerra, c’est parce qu’à l’époque, j’avais l’impression de tourner en rond. Il était temps de monter mes propres projets, notamment au théâtre. Et puis, j’ai eu la chance de tourner dans « Famille d’accueil », qui m’a donné les moyens financiers d’aller jusqu’au bout de mes projets. »

Au fait, pourquoi ne jouez-vous pas vous-même dans « Le bal » ?
Virginie Lemoine : « Parce que j’avais déjà les comédiens pour, notamment Lucie Barret qui joue ma fille dans « Famille d’accueil ». Du reste, je ressens autant de plaisir à être sur les planches que dans la salle, à décortiquer mon travail de mise en scène. »

« Le bal » : mardi 15 décembre à 20 h 30 à Jean-Vilar. Billetterie : 03 23 62 36 77.