La parenthèse nature de Nelly Boutinot

Pleins feux sur le héron cendré

Le Héron cendré (Ardea Cinerea) est devenu un hôte habituel des marais d’Isle de Saint-Quentin alors qu’il fut longtemps absent de cette zone (comme de beaucoup d’autres) pour cause de destruction massive.
Au Moyen Age, le héron était servi à la table des seigneurs. Le cygne et la cigogne aussi ! Il était considéré comme « viande royale ». Le héron fut longtemps chassé au vol avec des faucons. L’espèce est protégée sur l’ensemble du territoire français depuis 1975.
Cette recolonisation des marais d’Isle permet de faire connaissance de visu avec cet échassier. On le voit voler au-dessus de la ville. Comme le dit La Fontaine, le héron a bien « un long bec » et il est « emmanché d’un long cou ». à Rouvroy, je l’ai vu très souvent, solitaire, les pattes dans l’onde transparente de la Somme, immobile très longtemps, guettant les alevins. Mais s’il pêche à l’affût, les poissons ne sont pas sa seule nourriture. S’il est vrai qu’il fréquente les eaux douces, on peut le voir en zones terrestres prélevant des micromammifères. Insectes et reptiles font aussi partie de son régime alimentaire : c’est un prédateur qui n’est donc pas exclusivement piscivore. Les nids du héron cendré construits sur une zone humide – alors devenue une héronnière – sont d’énormes amas de branchages souvent à la cime des arbres. La femelle pond de 3 à 5 œufs, couvés pendant 26 jours à tour de rôle par le mâle et la femelle. Les héronneaux quittent le territoire de leur enfance au bout de 8 à 9 semaines mais ils n’auront leur plumage d’adulte que vers 2 ans, identique pour les deux sexes…