La moto dans la peau

Pour certains, il en est de la moto comme de la potion magique pour Astérix. Ils ne peuvent pas s’en passer ! Fernand Macaigne est sans aucun doute de ceux-là. Tombé dedans très jeune, à 14 ans il a une 125 cm3 Libéria qui lui procurera ses premières sensations. Après avoir consacré  sa vie professionnelle à la moto, à 78 printemps, sa passion est intacte.
Régulièrement, il enfourche encore sa 600 Yamaha super motard. « Aujourd’hui, c’est moto plaisir, s’il fait beau, je vais faire un galop. C’est formidable la moto au printemps, on sent les odeurs de la nature, c’est un régal », confie Fernand. Après une formation de mécanicien moto, au retour du service militaire, en 1960, il entre chez Motobécane où il restera 44 années. Sa mission : essayer les mobylettes, puis les motos de 125 et 350 cm3. Les yeux de Fernand s’émerveillent dès qu’il parle de la défunte BFG. Une 1 300 cm3 conçue près de Chambéry par trois ingénieurs français : Boccardo, Favario et Grange (BFG), dont l’usine sera reprise par Motobécane en 1983. « J’étais le seul à l’époque à avoir le permis gros cube pour les essayer. Je faisais cocorico, un bon produit français, un peu lourd certes, plus de 300 kg, mais on n’a jamais demandé à un motard de porter sa bécane. » Cette moto dotée d’un moteur de Citröen  GS réservée à la gendarmerie et la douane, il la connaît de A à Z. « C’était le moteur de ma voiture à l’époque. Elle allait pas à 200 à l’heure mais c’était largement suffisant. » Après avoir terminé sa carrière au bureau d’études et avec près d’un million de km au compteur, dont plusieurs dizaines de milliers de km au guidon de sa BFG, Fernand reste amère. Pour lui, MBK a manqué l’occasion de redorer son blason en cessant la fabrication de cette machine. « Je n’ai jamais compris que l’on n’attache pas d’importance à cette moto. » Fernand Macaigne possède toujours une BFG, devenue  désormais collector. Passion, quand tu nous tiens…