« La guerre des Lulus » La BD adaptée en film et tournée dans l’Aisne

Avec 7 tomes parus et 300 000 exemplaires vendus, « La guerre des Lulus » est un véritable phénomène d’édition ! Une BD d’origine picarde qui cartonne et qui, du coup, va être adaptée au cinéma avec un tournage actuellement en cours dans l’Aisne. De l’abbaye de Saint-Michel au Familistère de Guise, en passant par Tertry et Trefcon, les Lulus roulent leur bosse sous le regard attentif du producteur Eric Boquého, lui-même originaire de La Fère. Rencontre…
« La guerre des Lulus », c’est d’abord et avant tout une bande dessinée…
– Eric Boquého : « C’est effectivement une BD, écrite par Régis Hautière et dessinée par Hardoc, deux Amiénois qui adorent leur région et qui avaient très envie de raconter la Grande Guerre à travers le regard d’enfants. C’est ainsi que sont nés les Lulus, une bande de gamins inséparables composée de Lucas, Lucien, Luigi et Ludwig. Tous les quatre sont pensionnaires de l’orphelinat de Valencourt, un village imaginaire situé en Thiérache. Alors que la guerre éclate, ces enfants vont rapidement se retrouver livrés à eux-mêmes à l’arrière des lignes allemandes… »
Comment est née l’idée d’adapter cette BD au ciné ?
– Eric Boquého : « Avec ma société de production, j’étais déjà en rapport avec Casterman qui m’a un jour envoyé plusieurs tomes de « La guerre des Lulus ». Avec mon associé, on a adoré et nous sommes allés chercher le réalisateur Yann Samuell qui est reparti avec six BD dans son sac à dos. A l’époque, il ne voulait plus faire de films avec des enfants parce qu’il avait déjà réalisé « L’âge de raison », « Jeux d’enfants » ou encore « La guerre des boutons ». Il voulait changer un peu de style. Et puis, une semaine plus tard, il m’a rappelé en disant : « Tu m’as eu ! »
Yann a ensuite puisé dans plusieurs tomes de la BD pour imaginer un scénario original, susceptible d’être adapté sur grand écran. »
On imagine que le choix de tourner dans la région s’est imposé naturellement…
– Eric Boquého : « Ah oui ! Surtout après avoir rencontré les auteurs. Pour la véracité des propos, pour le devoir de mémoire, on se devait de trouver des décors naturels qui se prêtent parfaitement à l’histoire et donc tourner sur les lieux où la guerre s’est réellement déroulée. Une guerre qui, aujourd’hui encore, reste comme une grosse cicatrice dans les entrailles de l’Aisne… »
Vous êtes vous-même d’origine axonaise. Vous revenez souvent ici ?
– Eric Boquého : « Bien sûr !
Ma mère réside à Charmes et je lui rends régulièrement visite. Mon associé est lui aussi originaire de l’Aisne, plus précisément de Versigny. On a tous les deux le sentiment que nos racines sont ici. Moi-même, je suis toujours votant dans l’Aisne alors que je réside à Paris. C’est comme si je n’arrivais pas à m’en détacher ! » (rires)
Xavier Bertrand : « La Région accro au cinéma ! »
Visite surprise du président des Hauts-de-France, le 24 août dernier, sur le tournage du film. L’occasion pour Xavier Bertrand de s’entretenir avec le producteur
et le réalisateur mais aussi de répondre aux questions de Saint-Quentin Mag…
Les raisons de votre venue sur le tournage des « Lulus »…
– X.B. : « C’est pas seulement parce que je suis cinéphile, c’est aussi parce que la Région, à travers l’association Pictanovo, participe, même modestement, au financement de ce film. Et puis, contrairement à ce que certains pourraient penser, ici, dans les Hauts-de-France, on est très accro au cinéma. Nous sommes d’ailleurs parmi les régions qui accueillent le plus de tournages de film. C’est de la culture, mais c’est aussi une activité économique avec des équipes de tournage qui vivent et donc consomment sur place. C’est la raison pour laquelle on va continuer à investir dans le cinéma et dans les tournages réalisés dans la région. Et puis, à l’échelle locale, cela peut aussi susciter des vocations… »
De manière générale, vous êtes l’un des présidents de région à avoir très largement augmenté le budget consacré à la culture. Cela reste pour vous une priorité ?
– X.B. : « Bien sûr. La culture c’est l’ouverture, la connaissance des autres, c’est aussi une façon de se construire. Je pense que le cinéma y participe beaucoup. Si on veut faire reculer la colère, la méconnaissance, la crainte des autres, il n’y a pas mieux que la culture. C’est vrai qu’on a beaucoup augmenté le budget et on va poursuivre cet effort avec la volonté de favoriser la création et la diffusion artistique… »