La force en héritage

Chez les Carole, c’est un peu le jeu des 7 familles : après le père Franck, le fils Benoît. Une passion et un héritage communs : la force. Franck fut un espoir de la boxe saint-quentinoise dans les années 90. Un poids léger qui n’a concédé que 4 défaites en 47 combats. Un cogneur dur au mal sur le ring qui, hors de celui-ci, ne se départait jamais d’un  large sourire et d’une gentillesse à toute épreuve.
Son fils Benoît ne lui a pas succédé sur le ring. Et pour cause : « Mon père ne voulait pas. » Attiré par le sport, le fiston rejoint l’Olympique Saint-Quentinois où il évoluera jusque l’âge de 18 ans en milieu de terrain. Parallèlement, il se met à l’athlétisme au Stade Saint-Quentinois, et enchaîne les courses d’endurance, 5 000 et 10 000 m.
Et puis un jour, le hasard lui fait découvrir la force athlétique. Une discipline réservée aux hommes forts. Sa pratique consiste à lever une charge, la plus lourde possible, au cours de trois mouvements différents : le squat (flexion des jambes la barre sur les épaules), le développé couché et le soulevé de terre. Le vainqueur est celui qui, selon son poids et son âge, a soulevé le plus lourd.
Conquis par ce sport, Benoît ne ménage pas sa peine et lève des tonnes de fonte au quotidien. Les résultats suivent dès la première année, il devient champion de Martinique.
En 2013, il monte sur la 3e marche du podium des championnats d’Europe, et aujourd’hui détient toujours le record de France au squat de sa catégorie (1,78 m pour 97 kg) avec 330 kg ! « Je suis fier de lui », avoue papa. A 28 ans, Benoît s’entraîne désormais à Bordeaux avec pour coach le patron de l’équipe de France. La force athlétique aura dans un mois sa propre fédération, la FFFA. Une autonomie et une reconnaissance qui ouvre de nouvelles perspectives à Benoît. Pourquoi pas les JO ? Croisons les doigts pour lui.