Kamini : le film !

De la musique au cinéma, il n’y a finalement qu’un pas que Kamini n’a pas hésité à franchir en co-écrivant le scénario du film « Bienvenue à Marly-Gomont ». L’histoire ? Celle de son père, le médecin Seyolo Zanto, venu au début des années 70 s’établir en Thiérache… A l’occasion d’une avant-première organisée au Cinéquai, nous sommes allés à la rencontre du plus célèbre des Marlysiens, venu accompagné du réalisateur Julien Rambaldi et du comédien Marc Zinga.

Comment est née l’idée de ce film ?
Kamini : « A l’origine, je souhaitais écrire un sitcom inspiré de ce que j’avais vécu dans mon enfance. Un peu sur le modèle du « Prince de Bel-Air ». Et puis, en 2009, mon papa a perdu la vie dans un accident et j’ai décidé d’écrire un film pour lui rendre hommage. »

Et ce scénario est finalement tombé entre les mains de Julien Rambaldi qui, avant de passer à la réalisation, s’est arrêté à la case réécriture…
Julien Rambaldi : « Dans le scénario d’origine, Kamini racontait plein de choses sur sa famille. Mais moi, je trouvais que son père était un vrai personnage de cinéma et j’ai voulu en faire la colonne vertébrale du film. Kamini avait également apporté beaucoup d’humour. Mais cette histoire, celle du papa de Kamini qui décide au beau milieu des années 70 de venir exercer en Thiérache, est avant tout une histoire vraie. Il n’était donc pas question d’en faire une farce. »

Au fait, pourquoi diable votre père avait jeté son dévolu sur Marly-Gomont ?
Kamini : « Mon père est originaire du Zaïre et à son arrivée en France, il a commencé par exercé à l’hôpital du Nouvion-en-Thiérache. Et puis, quand il a voulu s’installer à son compte, les autres médecins ont fait front. Du coup, il a choisi d’aller s’établir à Marly-Gomont. Un trou ! Un trou où, à cette époque, on avait rarement vu des Noirs. »

Votre film se présente comme une comédie mais en toile de fond, on sent planer l’ombre du racisme…
Kamini : « Ce film, c’est mon histoire, celle du racisme ordinaire et de l’exclusion. Sans tomber dans la caricature, on a vraiment voulu montrer les gens dans leurs travers. »
Julien Rambaldi : « Oui, mais c’est aussi une histoire d’amour, celle de deux mondes qui ne se comprennent pas et qui apprennent à se connaître. Ce film, finalement, il fait vraiment du bien ! »

Cette thématique du racisme ordinaire, on la retrouve dans votre tube « Marly-Gomont ». Mais à l’époque, en 2006, c’est davantage passé pour un pastiche…   
Kamini : « On m’a tout dit sur cette chanson. On m’a parlé de blague, de rap et même de rap agricole ! (rires) Les paroles évoquent effectivement le racisme ordinaire au fin fond des campagnes. Après, le public est libre de les interpréter comme il le souhaite. »

Vous n’avez pas été tenté de jouer le rôle de votre père à l’écran ?
Kamini : « Ah non ! Moi, je ne suis pas aussi bon acteur que Marc. »
Marc Zinga : « Moi, on m’a dit : Kamini, il veut pas se couper les cheveux. Alors, le rôle est pour toi ! (rires). Pour ma part, j’ai pris un vrai plaisir à jouer dans ce film où il y a un bon équilibre entre le rire et la sensibilité. »

« Bienvenue à Marly-Gomont » : visible depuis le 8 juin au Cinéquai 02.