Johnny forever / Souvenir Souvenir… En 1996 à St-Quentin

A l’instar des 10 et 11 mars 1963 avec les disparitions d’Edith Piaf et Jean Cocteau, avec la mort de Jean d’Ormesson et Johnny Hallyday, la France est doublement en deuil. Deux personnages centraux, l’un dans la littérature, l’autre dans la chanson, nous ont quittés. Une année noire pour la France après déjà les décès de Jeanne Moreau, Mireille Darc et Simone Veil… A 74 ans, Johnny Hallyday « La Star » française, une voix unique que l’on croyait immortelle, a tiré sa révérence. Le 16 mars 1996, place de la Liberté sous chapiteau, devant plus de 5 000 spectateurs, l’enfant terrible de la chanson avait enflammé son public. Des familles entières, des petits-enfants aux grands-parents, étaient présentes. Une page de la vie, du patrimoine de notre pays est définitivement tournée…
Pierre André, maire de Saint-Quentin à l’époque du concert de Johnny, s’est confié : « C’est une grande tristesse pour moi, un peu comme si j’avais perdu un frère. J’étais fan comme tous les Français de ma génération. J’avais été très heureux et très fier de le recevoir. Et c’est avec le même plaisir que j’ai assisté à sa dernière représentation des Vieilles Canailles à Bercy. C’était un type de tempérament avec une personnalité hors du commun, faite d’excès, de passions et un talent fou. Un homme extraordinaire ! » E.L.

Antoine répond à St-Quentin Mag

Les hasards de la vie… Lundi dernier (4 décembre), Antoine était présent à Saint-Quentin pour présenter au Cinéquai son dernier film sur « les îles lointaines de Polynésie ». Saint-Quentin Mag en avait profité pour l’interroger sur Johnny. Sans savoir que celui-ci allait décéder quelques heures plus tard, le chanteur-voyageur s’était montré optimiste : « Je suis sûr qu’il va remonter la pente. Il est né sous une bonne étoile et a survécu à tant d’autres choses… »
A travers ces paroles pleines d’espoir transparaissait une vieille complicité, très éloignée de cette rivalité « fabriquée » qui opposait les deux chanteurs dans les années 60. Souvenez-vous… En 1966, dans ses « Elucubrations », Antoine s’en prend à Johnny qu’il verrait bien « en cage à Medrano ». Ce à quoi l’idole des jeunes avait répliqué dans « Cheveux longs, idées courtes » : « Je sais que dans une cage je serais enfermé, mais c’est une autre histoire que de m’y faire entrer… »
Depuis, de l’eau a naturellement coulé sous les ponts, emportant les deux artistes vers des horizons séparés. Sans pour autant se perdre de vue. Hier (mercredi 6 décembre), nous avons naturellement joint Antoine par téléphone pour le faire réagir à la mort de Johnny : « Je suis sous le choc. Comme tous les Français, je me sens bouleversé. C’est une grande perte pour tout le monde, pour notre pays qui voit partir une immense
personnalité. »
Un souvenir personnel ? « Il y en a tellement ! Il y a une bonne dizaine d’années, il m’avait téléphoné parce qu’il voulait acheter un bateau. Je lui avais alors conseillé un voilier, en construction sur un chantier que je connaissais bien. Mais au final, il a préféré s’acheter un bateau à moteur ! (rires) C’est dommage parce que j’aurais bien aimé naviguer à la voile avec lui à l’autre bout du monde. Aujourd’hui, il est au ciel et je suis sûr qu’en ce moment, il fait déjà du rock avec Elvis, Chuck Berry et Lennon… »  B.D.

Ils réagissent à la mort de Johnny…

Didier
« Je l’ai vu en 1985 au Zénith, c’était super, il arrivait sur scène dans une main géante. Un spectacle inoubliable ! Depuis les années 60, Johnny c’était ma vie. On savait qu’il était malade, on s’y attendait un peu, mais quand même, depuis que l’on a appris ce matin, on est sous le choc. C’est triste… »

Monique
« C’est toute ma jeunesse qui s’en va, je suis de sa génération. C’est plein de bons souvenirs, c’est toute une époque qui disparaît. Je me souviens très bien quand il a débuté. Johnny est mondialement connu, c’est une part du patrimoine français, c’est un symbole qui est parti. Ça m’attriste. »

Jean-Pierre
« Moi j’étais plus Brassens, Brel, Ferrat mais plus il vieillissait, plus je m’apercevais qu’il avait des textes et des musiques que j’aimais. Je ne suis jamais allé le voir. Son décès fait partie des choses de la vie, comme avec d’Ormesson hier. Ça fauche à droite ! S’il y en a un qui doit avoir peur, c’est Sardou. »

Josiane
« On savait qu’il était malade, mais il faut bien l’avouer, on est choqué, déstabilisé. Sans être fan, Johnny était un chanteur que j’aimais bien, je le voyais à la télévision. J’aimais bien ses chansons, elles ne laissaient personne indifférent. Mais bon, la mort fait partie de la vie, c’est comme ça… »

Danièle
« C’est dommage, mais il a fait son temps. C’est surtout mon mari qui était un super fan, il va passer une mauvaise journée aujourd’hui. Johnny a marqué toute une époque, c’est une perte pour notre patrimoine artistique. Il vivait ses chansons, c’est devenu trop rare aujourd’hui… »