Jeanne Cherhal au naturel…

Lancé le 6 novembre dernier, le festival Haute-Fréquence, initié par la région des Hauts-de-France, fera étape au Familistère de Guise le 22 novembre prochain avec la venue de la divine Jeanne Cherhal. Une chanteuse-interprète dont les cordes vocales rivalisent aisément avec celles de son piano ! L’occasion pour le public de découvrir en live son nouvel album baptisé « L’An 40 ». Eh oui, Jeanne Cherhal vient d’aborder la quarantaine… forcément rugissante. Et pour garder le cap, elle nous en dit plus sur son rapport au temps qui passe.

Votre nouvel album a pour titre « L’An 40 ». Une façon de célébrer votre entrée dans le club des quadras ?
– Jeanne Cherhalh : « J’ai écrit cet album en 2018, l’année de mes 40 ans que j’ai vécue comme une année d’épanouissement, de liberté… Je me suis offert le luxe de ne pas tourner pour me concentrer sur l’écriture. Je vis à Paris et une semaine par mois, je me suis éclipsée dans des maisons qu’on me prêtait, notamment en Auvergne, à la Réunion ou encore dans la Drôme, avec le but à chaque fois de rentrer avec une chanson. Le disque s’est fait comme ça avec, en arrière-plan, l’envie de célébrer mon entrée dans la quarantaine. »
Je me souviens d’une vieille interview d’Higelin qui disait avoir pleuré toute la nuit le jour de ses 40 ans. Ça l’avait mis à plat. Vous, c’est tout l’inverse !
– J.C. : « Pour le coup, oui ! Je n’ai pas du tout vécu mes 40 ans comme une catastrophe. C’est un âge où l’on sait à peu près ce que l’on veut, ce que l’on ne veut pas, où l’on commence à bien se connaître, où l’on a plein d’énergie. C’est un âge assez béni, excitant, épanouissant. Alors non, j’ai pas pleuré du tout le jour de mes 40 ans ! »
Certains journalistes osent-ils vous demander si cel album est celui de la maturité ?
– J.C. : « Non, quand même pas. C’est plutôt un poncif ! (rires) Cela dit, j’ai l’impression que c’est tellement évident que ça ne vaut pas le coup d’être dit. Une maturité heureuse ! Après, je ne sais pas comment je vais vivre la cinquantaine. Je ferai peut-être moins la maligne ! »
Sur la pochette de votre album, vous posez au naturel avec notamment les aisselles non épilées. C’est quoi le message ?
– J.C. : « Le jour où j’ai fait cette séance photo, on a eu cette image de fin de journée avec une lumière douce, dans un petit parc dans le XXe arrondissement juste à côté de chez moi. J’aime bien ce que raconte mon visage sur cette photo. C’est vrai que pour cette séance je n’étais pas nickel, maquillée, épilée mais cette image de liberté correspond bien à mes chansons. »
Puisqu’il est question de liberté, vous dites n’avoir aucun tabou dans l’écriture de vos chansons, à l’image du morceau « 69 »…
– J.C. : « C’est ma manière de parler d’amour !
Attention, je ne parle pas de 69 au quotidien, au coin d’un bar ou avec les parents d’élèves. Mais dans une chanson, je ne trouve pas ça choquant. J’aime bien parler d’amour et encore plus l’aborder sous l’angle charnel… »
Ça donne quoi Jeanne Cherhal sur scène ?
– J.C. : « Pour cette tournée, je repars en groupe avec trois musiciens au piano, à la basse et la batterie. Ce que j’aime, c’est sentir une connivence entre le public et moi. Mais faut que ça bouge ! J’aime bien me sentir « essorée » à la fin d’un concert. »  B. Duchet
Jeanne Cherhal en concert au théâtre du Familistère de Guise : vendredi 22 novembre à 20 h. Tarifs : 10 / 15 €.