Jeane Manson : « l’amour, pas la guerre »

En 1976, une Américaine belle comme le jour décroche le jackpot avec « Avant de nous dire adieu », son tout premier 45 tours. Une chanson emblématique qui, près de 40 ans plus tard, n’a pas pris une ride. Idem pour son interprète, la délicieuse Jeane Manson, qui se produira ce dimanche 18 janvier sur la scène du théâtre Jean-Vilar, entourée de ses deux guitaristes catalans, Claudio Pot et Francisco Gill. Rencontre…

Votre nouvel album s’intitule « Viviré » (« Je vis » en catalan). Pourquoi ce titre ?
Jeane Manson : « C’est le titre d’une chanson qui parle d’amitié, de partage et de fraternité. Un très joli texte, militant à sa façon puisqu’il est question de semer le bonheur à travers le monde. C’est précisément ce que j’essaie de faire à travers ma musique, mes chansons. »

Une vision qui détonne avec la noirceur des récents événements…
Jeane Manson : « L’intégrisme est un terrible fléau qui, une nouvelle fois, nous explose au visage. Espérons que la mobilisation des Français apportera du positif. En tant qu’artiste, mais surtout en tant que mère, c’est horrible de voir nos enfants se faire la guerre. Notre génération était plutôt « peace and love ». Peut-être qu’on n’a pas su leur donner suffisamment de repères pour distinguer le bien du mal. »

Votre fille, Shirel, vit aujourd’hui en Israël…
Jeane Manson : « Oui, et elle est plus en sécurité là-bas ! Même si les bombes et les attentats font partie du quotidien des Israéliens depuis 1948. Au passage, peut-être serait-il bon de rappeler que la France s’obstine à financer la Palestine. Ce qui mérite réflexion, non ? »

Soyons plus légers… Pourquoi cet attrait pour les sonorités latines dans vos nouvelles chansons ?
Jeane Manson : « J’adore ! La musique latino est très rythmique, avec beaucoup de vibrations dans ses mélodies. Ces sonorités s’adaptent parfaitement aux textes de mes chansons, dans lesquels j’évoque essentiellement les petites choses du quotidien. C’est un peu la même démarche que pour la musique country. »

Vous serez dimanche à Saint-Quentin… La scène reste essentielle pour vous ?
Jeane Manson : « C’est même vital ! La scène, c’est ma vie. Le seul endroit où je peux offrir au public mon amour pour la musique. »

Un public qui doit vous réclamer à chaque fois d’interpréter « Avant de nous dire adieu »…
Jeane Manson : « Cette chanson reste incontournable. Faisons l’amour avant de nous dire adieu… et surtout pas la guerre ! »

Peace ! Au fait, vous n’avez jamais totalement perdu votre accent américain…
Jeane Manson : « Non ! Et encore moins quand on m’interviewe à 10 h du matin (rires). »

Jeane Manson à Jean-Vilar : dimanche 18 janvier, 16 h.