Jean-Pierre Pernaut : « L’actu ? Du pain bénit pour le théâtre ! »

Jean-Pierre Pernaut n’est pas passé inaperçu, mardi dernier, au théâtre Jean-Vilar. Il faut dire aussi que sa femme, Nathalie Marquay, était elle-même sur scène, dans « Piège à Matignon », pièce dont l’homme orchestre du 13 heures de TF1 est le coauteur. Rencontre avec une légende vivante du petit écran…

Comment est née l’idée de « Piège à Matignon » ?
J-P. Pernaut : « Voici quelques années, lorsque ma femme jouait dans « Le clan des divorcés », je suis littéralement tombé amoureux du théâtre, de son ambiance et de sa mécanique. Peu à peu, l’envie d’écrire une pièce s’est imposée et on s’y est mis avec Nathalie, le soir, les week-ends et même pendant les vacances. Pour finaliser le projet, on a fait appel à Jean-Claude Islert, qui est un véritable auteur de théâtre. »

Deux thèmes sont les fils rouges de votre pièce : Internet et la politique…
J-P. Pernaut : « On a appliqué la même recette que Feydeau, qui a inventé le principe du vaudeville : prendre un problème de société sérieux et en rire sur scène. Avec le Web et la politique, on avait deux ingrédients de premier choix pour imaginer des scènes drôles, qui collent à l’actualité. »

Une actualité qui a tendance à dépasser la fiction ces temps-ci…
J-P. Pernaut : « Ce qui est certain, c’est que la multiplication des affaires, à gauche comme à droite, ne renvoie pas une bonne image de la politique. Pour nous, c’est du pain bénit puisque cela nous permet de faire constamment évoluer notre pièce. En revanche, on a de sérieuses questions à se poser quant au comportement du personnel politique. »

A TF1, cela fait maintenant 26 ans que vous présentez le 13 heures. C’est quoi votre secret de longévité ?
J-P. Pernaut : « C’est sans doute lié au fait que ce journal ressemble aux Français puisqu’il s’applique à raconter la vie des gens. Vous savez, quand je suis arrivé à ce poste en 1988, j’ai aussitôt créé un réseau de correspondants en province. Tout le monde me disait : « T’es fou, tout se passe à Paris ». On s’aperçoit que c’est tout le contraire ! Ce réseau de 150 correspondants nous permet aujourd’hui de réaliser un journal très complet, qui répond véritablement au besoin de proximité. »

Tout comme PPDA en son temps, vous avez déjà fixé la date de votre départ ?
J-P. Pernaut : « Non ! (rires) C’est impossible de faire cela. C’est mon patron ou les téléspectateurs qui décideront un jour de me faire partir. Mais je ne suis pas pressé. Aux Etats-Unis, la journaliste Barbara Walters vient de quitter le petit écran à 84 ans. C’est vous dire que j’ai encore de la marge ! »

Vos racines picardes, elles sont importantes pour vous ?
J-P. Pernaut : « Ah oui ! Je suis Picard dans l’âme. Toute ma famille est originaire de la Somme et la plupart de mes amis sont à Amiens. La seule entorse que j’ai faite à la Picardie, c’est Nathalie ! Mon épouse est d’origine alsacienne mais elle est née dans le Nord. C’est presque une Ch’ti ! »

Depuis son lancement, « Piège à Matignon » en est déjà à 200 représentations. Un joli succès… qui rapporte gros ?
t J-P. Pernaut : « Hélas non ! Le théâtre est un monde où il n’y a pas beaucoup d’argent. Sur la tournée, nous avons sept personnes en permanence. Quant aux auteurs, ils touchent 10 % des recettes. Comme nous sommes trois auteurs, ça ne fait pas lourd à l’arrivée » (rires).

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