Jean-Guy Pellis : le culte de Bacchus

Il est des destins qui sont écrits dès le plus jeune âge. Celui de Jean-Guy Pellis semble être de ceux-là. Originaire d’un village du sud de l’Aisne à la limite de la Champagne, Jean-Guy grandit au milieu des vignes. Très jeune, il s’intéresse à ce précieux breuvage, avant de devenir un talentueux basketteur et d’arriver, en 1976, au SQBB, repéré par l’entraîneur Bertrand Gamess. Il fera briller les couleurs du club jusqu’en 1988 et sa montée en Pro A.
Reconverti dans la limonade, sa passion pour le vin reste intacte mais s’oriente vers les Bordeaux et  particulièrement un blanc liquoreux considéré comme le meilleur du monde, le château Yquem. « De l’or en bouteille ! », s’enthousiasme-t-il.
Pour pénétrer ce monde, Jean-Guy Pellis part à la rencontre des maîtres de chai. Quelques années plus tard, il fonde sa société, « Vieux Millésime ». Sa spécialité, trouver des bouteilles exceptionnelles pour des épicuriens et des collectionneurs. Pour les dénicher, chez les particuliers, dans les successions, les ventes aux enchères… il parcourt plus de 80 000 km par an en France mais aussi à l’étranger. « 90 % de mes bouteilles partent à l’étranger: Japon, USA, Russie… Les Français n’ont plus les moyens. Même pour les personnes aisées, le vin n’est pas une priorité. » Les prix de ces joyaux demeurent confidentiels. « De 500 € à… pas de limite pour des pièces rares pouvant dater de 1800 ! » Des trésors conservés en région parisienne et près du côté de Bordeaux.
La renommée du Saint-Quentinois va aujourd’hui bien au-delà de l’Hexagone. Pour lui, une chose est sûre, si le vin reste un bon placement, « c’est surtout un plaisir convivial qui se partage entre amis. Il faut boire avec modération mais de meilleure qualité », conclut celui qui, pour rien au monde, ne voudrait faire autre chose.

Petits conseils de l’expert
Selon Jean-Guy Pellis, les foires aux vins permettent réellement de se constituer une cave. « Les vins y sont désormais mieux stockés et ces ventes sont l’occasion d’être conseillé par des spécialistes. » Pour les rouges à conserver, Bordeaux et Bourgogne, il préconise des bouteilles ayant déjà quelques années, donc à partir de 2012 ou 2011. Pour consommer dès maintenant, des millésimes un peu plus vieux (2007, 2008…). Du côté des blancs, pour les Bourgogne, les valeurs sûres restent les Puligny Montrachet, Meursault… et pour l’apéritif ou accompagner le foie gras, un liquoreux. Du côté des tarifs, selon ce spécialiste, il est possible de trouver des vins corrects, d’au minimum 3 ans, à partir d’une quinzaine d’euros. Si les 1ers crus classés restent la référence (Yquem, Pétrus, Cheval Blanc…), difficile en bouche de faire la différence avec un 2e cru dont la valeur marchande reste beaucoup plus raisonnable.

  • Consommation : par an et par habitant, la consommation de vin en France est passée de 160 litres en 1965 à 54 litres en 2012.
  • Budget : l’an passé, 455 M€ ont été dépensés pendant les foires aux vins (hypers, cavistes, Internet…). Cette année les Français ont prévu d’y dépenser 97 € contre 108 l’an dernier. En moyenne, les grandes surfaces réalisent lors de ces foires 15 % du chiffre d’affaires de leur rayon. Deux tiers des bouteilles y sont achetées chaque année.
  • Les tailles : piccolo 20 cl, chopine 25 cl, fillette 37,5 cl, médium 0,60 litre, bouteille 75 cl, magnum 1,5 litre, Jéroboam 3 litres,  Réhoboam 4,5 litres, Mathusalem 6 litres, Salmanazar 9 litres, Balthazar 12 litres, Nabuchodonozor 15 litres, Melchior 18 litres.
  • Récoltants : les vins de récoltants ont la lettre  » R » inscrite au sommet de la bouteille. Leurs producteurs, propriétaires de la vigne, travaillent et récoltent eux-mêmes les raisins. De belles découvertes sont à faire avec les récoltants.
  • Conservation : les bouteilles doivent idéalement être couchées dans une cave obscure et régulièrement aérée à 11°. Ne jamais stocker les bouteilles au réfrigérateur. Les champagnes et blancs doivent être servis entre 8° et 10 °, les rouges légers ou primeurs à 12°, les autres rouges entre 16° et 18°.