« Jazz aux Champs »

Michel Pastre, cador du sax ténor !

Les concerts se suivent sans se ressembler avec « Jazz aux Champs-Elysées ». Après « the voice » de Jo Ann Pickens, place au swing de Michel Pastre. En version quartet, le virtuose du sax ténor se produira le 27 juillet à Saint-Quentin. Rencontre avec un vrai passionné.

Si la météo le permet, vous jouerez en plein air. Ça change la donne de se produire en extérieur ?
Michel Pastre : « Bien sûr ! La dernière fois que je suis venu à Saint-Quentin, je me suis produit au théâtre Jean-Vilar, où l’acoustique est excellente. En plein air, il y a toujours des incertitudes. Quand je monte sur scène, à l’intérieur comme à l’extérieur, je me préoccupe d’abord du rendu sonore. Le son est vraiment mon obsession ! Il ne faut pas oublier que le jazz est à l’origine une musique acoustique, sans apport électrique, où la pureté sonore est essentielle. »

Le sax ténor est votre instrument de prédilection. Pourquoi l’avoir choisi ?
Michel Pastre : « Ça remonte ! Quand j’étais gamin, j’ai eu la chance d’accompagner mon père aux concerts. J’ai vu  les plus grands du jazz sur scène et pour ne rien vous  cacher, l’influence a d’abord été visuelle. Les batteurs me faisaient très forte impression ! Après la batterie, je suis passé au sax. Pourquoi le ténor ? Sans doute parce qu’il a dans sa tessiture quelque chose qui le rapproche de la voix humaine. L’alto et le soprano sont trop aigus. Avec le sax ténor, on a presque l’impression de chanter ! »

Count Basie et Lester Young sont toujours vos deux références absolues ?
Michel Pastre : « La musique de Count Basie est sans doute celle que je préfère. Quant à Lester Young, c’est tout simplement le plus grand saxophoniste de l’histoire du jazz. Dans l’univers du swing, ce sont mes héros ! Mais rassurez-vous, j’adore plein d’autres musiciens. »

Henri Texier a dit un jour : le jazz est la plus savante des musiques populaires et la plus populaire des musiques savantes. Vous êtes d’accord avec lui ?
Michel Pastre : « C’est une bonne formule, à une différence près : il y a, au sein du jazz, tellement de genres et de familles qui cohabitent. C’est si vaste ! Ce qui est sûr, c’est que le jazz, dans son ensemble, reste ouvert au grand public. A titre personnel, je regrette toutefois que le jazz n’ait pas suffisamment accès aux grands festivals. »

Pourquoi l’improvisation est-elle si importante pour le jazz ?
Michel Pastre : « L’explication est sans doute historique. Revenons un instant à la genèse du jazz, du côté de la Nouvelle-Orléans : cette musique, c’est d’abord l’expression de la communauté noire qui, au début du XXe siècle, cherchait à se libérer du poids  de la société américaine qui se montrait à son égard répressive et raciste. L’impro, c’est tout bonnement la liberté ! Celle à laquelle aspiraient tous les noirs américains. »

On devine à votre accent vos origines nîmoises. Vous n’avez jamais été attiré par l’univers du flamenco ?
Michel Pastre : « J’adore la musique espagnole ! Mais j’ai tendance à dissocier les genres. Je respecte tellement l’authenticité de chaque musique que j’ai du mal à mélanger les sonorités. Qui sait ? Un jour peut-être, j’associerai le jazz au flamenco. »

Michel Pastre Quartet : concert aux Champs-Elysées, dimanche 27 juillet à 17 h.

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