Initiative Aisne : 30 ans déjà

A l’occasion de son assemblée générale annuelle, Initiative Aisne, dont l’objet est d’accompagner et financer des projets de création, de reprise ou de développement d’entreprises, a soufflé ses 30 bougies. Une aventure débutée en 1979 sous l’impulsion de Paul Girod. Rapidement, chefs d’entreprise, banques et collectivités suivaient. En 1984, trois entrepreneurs ouvraient le bal et bénéficiaient d’un prêt.
Depuis, fort de 10 antennes dans le département, dont Saint-Quentin, Bellicourt et Moÿ-de-l’Aisne, Initiative Aisne a aidé près de 1 600 entreprises : 14 M€ ont ainsi été prêtés, permettant la création ou le maintien de 5 800 emplois, avec un taux de pérennité des entreprises aidées de 85 % au bout de trois ans. L’an dernier, 115 projets ont été étudiés et 109 prêts accordés pour un montant de 667 000 €. A noter que 17 % des entreprises soutenues ont plus de 5 emplois. Le prêt « fonds santé », mis en place en 2011 pour favoriser l’installation ou la reprise de professions médicales ou paramédicales, a permis l’an passé une reprise et une création. Les travaux se sont poursuivis avec une conférence de Nicolas Doze, économiste de BFM TV, sur le thème : « Peut-on croire à la réussite des entrepreneurs ? ».

Initiative Aisne Saint-Quentin : 03 23 04 39 88.

Nicolas Doze : « La France doit s’adapter »

Economiste de BFM TV connu pour son franc-parler, Nicolas Doze a répondu à nos questions…

L’économie française est en panne… Quelles solutions pour la relancer ?
« Nous sommes à une transition avec un ancien modèle, des grandes usines, du travail à la chaîne…. il va falloir s’adapter. Nous sommes aujourd’hui le seul pays de la zone Euro où le chômage se creuse parce que nous n’avons pas adapté notre économie à la nouvelle donne. Il faut repenser un système que nous ne pouvons plus financer. Nous avons créé un système social après-guerre, l’assurance chômage en 1958… C’est un modèle qui demande 3 à 4 points de croissance pour être financé, nous ne les avons plus, il faut faire autrement. »
A quelle échéance croyez-vous un renversement possible de la courbe du chômage ?
« A l’échéance 2016. Nous sommes dans une conjoncture à laquelle personne ne s’attendait, avec un contre-choc pétrolier qui a donné un boum de pouvoir d’achat, une forte baisse des taux qui permet au pays de s’endetter à bon marché et entraîne des économies de dépenses publiques importantes… Nous sommes face à une conjonction d’événements qui devraient nous permettre de retrouver 1,5 point de croissance à l’été 2016 avec un phénomène mécanique d’inversion de la courbe du chômage. »
La création de 100 000 nouveaux emplois aidés, est-ce une bonne chose ?
« C’est une solution qu’il faut utiliser lorsque ça va mal, comme en ce moment. Le job du gouvernement est de faire du traitement social pour endiguer le chômage. Mais des travaux montrent qu’au bout de 2 ans, ces gens-là finissent souvent au chômage. Ça n’est donc pas viable ».
Que pensez-vous de la loi Macron qui fait polémique ?
« Il y a de très bonnes choses, comme la volonté de réformer le droit du travail en passant par la porte de service en essayant de réformer les prud’hommes. Mais c’est une loi patchwork, très difficile à faire passer, qui va cristalliser la rupture définitive entre l’exécutif obligé de passer en force avec le 49.3 et une majorité hostile à tout changement. »