Garde républicaine Un Saint-Quentinois nommé chef d’état-major

Fils du Dr Christian Huguet, adjoint au maire de Saint-Quentin chargé de la santé et des relations avec le monde combattant, le colonel Eric Huguet, 58 ans, a été nommé le vendredi 2 novembre chef d’état-major de la Garde républicaine. Subdivision de la gendarmerie nationale composée de 2 900 gardes et 250 réservistes, elle remplit des missions de représentation protocolaire et de sécurité publique. Officier dans les ordres de la Légion d’honneur et national du Mérite, le colonel Eric Huguet a répondu à nos questions…

Elève à Saint-Jean, vous vous destiniez déjà à une carrière militaire ?
– Eric Huguet : « Pas du tout, le déclic s’est fait lors de mon service militaire, grâce à un officier de gendarmerie qui m’a fait découvrir la carrière des armes, la largeur du spectre d’emplois. J’ai ensuite préparé les concours, diplôme d’état-major, école de guerre… »
Que représente pour vous cette affectation à la Garde républicaine, qui est aussi un retour aux sources ?
– Eric Huguet : « J’ai commencé lieutenant en mobile, commandé une compagnie départementale, passé en état-major, puis par l’école de guerre, commandé un groupement de gendarmerie mobile… Commandant en second en Nouvelle-Calédonie, au retour j’ai commandé le 1er régiment d’infanterie de la Garde républicaine. Puis, après quatre années vraiment particulières à Djibouti, je reviens à la Garde républicaine pour ma dernière affectation. C’est une suite logique dans ma carrière. Je n’imaginais pas être là où j’en suis actuellement, on récolte ce que l’on sème, j’en suis très fier. »
Vous avez des souvenirs particuliers de théâtres d’opération ?
– Eric Huguet : « Oui, en 2016 à Djibouti, à la tête d’une cellule de crise pour l’évacuation de ressortissants français qui cherchaient à fuir le Yémen. Actuellement, même si on arrive à y contrer les attaques d’Al-Shabaab qui viennent de Somalie et d’Al Quaïda qui pourraient venir du Yémen, la situation reste tendue. Autre souvenir marquant, cette fois à Mogadiscio en Somalie où, l’avion à peine posé, nous avons subi sur l’aéroport une attaque qui a fait quinze morts et une trentaine de blessés. Là, on se dit que l’on est peu de chose. »
La Garde républicaine, c’est le sommet en terme de prestige ?
– Eric Huguet : « Certes, elle est prestigieuse avec ses trois régiments, deux d’infanterie et un de cavalerie, mais elle reste mal connue des Français qui pensent que l’on fait surtout du protocolaire alors que l’on fait principalement de la sécurité. Le protocolaire ne représente que 9 à 10 % de nos missions. »
à quatre reprises le 14 juillet, vous étiez en tête de la Garde républicaine sur les Champs-élysée. Impressionnant ?
– Eric Huguet : « Effectivement, quand j’étais commandant du 1er régiment d’infanterie, j’avais la charge le 14 juillet de rendre les honneurs au président de la République après sa descente des Champs-élysées. Je l’ai fait deux fois avec le président Sarkozy, puis autant avec le président Hollande. »
Vous êtes le numéro 3 de la Garde républicaine après un général et un colonel, ancien commandant en second…
Un jour peut-être le numéro 1 ?
– Eric Huguet : « Cela me paraît difficile. Non, cela ne sera pas possible. C’est un général 3 étoiles qui commande la Garde. »

Un héritage du « Guet royal »
– La Garde républicaine est l’héritière de tous les corps militaires qui, depuis les premiers rois francs, ont assuré la protection de la cité, la sécurité des institutions et les honneurs pour les hautes autorités de l’État. Ainsi, des sergents d’armes d’autrefois aux gardes républicains d’aujourd’hui, plus de 60 corps se sont succédé sous les différents régimes.
– Des siècles durant, on employa le terme de « Guet royal ». L’appellation de « Garde de Paris » apparut pour la première fois au XVIIIe siècle. Puis, en juin 1830, fut constituée la Garde républicaine de Paris. Elle comprenait alors un régiment d’infanterie et un régiment de cavalerie. Par décret de Louis Napoléon Bonaparte, ce corps fut intégré dans la gendarmerie le 1er février 1849.