Frédérique Macarez « Il faut maintenir des manifestations »

Rentrée scolaire, crise sanitaire, solidarité, animations, chantiers et projets d’aménagement… Tour d’horizon des sujets d’actualité avec Frédérique Macarez, maire de Saint-Quentin et présidente de l’Agglo…
Source d’inquiétude pour certains parents, la rentrée scolaire s’est déroulée normalement à Saint-Quentin…
– F. Macarez : « La rentrée s’est effectivement bien passée. Le souhait de tout le monde, c’était de retrouver les enfants dans leur classe pour apprendre et continuer à progresser. Ça, c’était l’objectif n° 1. L’objectif n° 2, c’était de le faire dans de bonnes conditions sanitaires. C’est une année particulière avec des protocoles qui ne cessent d’évoluer et auxquels il faut savoir s’adapter. Il faut faire les choses le plus sereinement possible, avoir confiance et avancer pour permettre aux enfants de continuer à apprendre. »
Un collectif de médecins préconise le port du masque pour les élèves dès 6 ans. Votre avis ?
– F. Macarez : « Je trouve qu’il y a beaucoup de cacophonie quant aux mesures à adopter, avec des scientifiques qui ne sont pas d’accord entre eux. Pour ma part, je ne suis pas médecin et je suis incapable de vous répondre sur le sujet. Mais il serait vraiment souhaitable de ne plus avoir en permanence des avis contradictoires basés sur aucune étude scientifique. »
En mars dernier, le confinement a débuté deux jours après votre élection au premier tour des municipales. Ce qui ne vous a guère laissé le temps de savourer votre victoire…
– F. Macarez : « La première cellule de crise s’est effectivement tenue le lendemain des municipales dans un contexte très particulier. Tout le monde se souvient de cette fameuse semaine où le temps semblait s’être arrêté. On a vécu quelque chose qui n’était jamais arrivé et dès le lendemain de ma victoire, on s’est tous remis dans le bain. Tout le monde avait alors conscience de la gravité de la situation. Ce qui comptait, c’était d’être présent. »
Parlons justement de la présence et de l’implication des élus locaux, à commencer par les maires qui sont en première ligne pour gérer au mieux la crise sanitaire. Dès le début, quelles ont été vos priorités ?
– F. Macarez : « Toutes les questions de santé relèvent naturellement des établissements de santé et je tiens de nouveau à les féliciter. Pour notre part, la priorité était d’assurer de la coordination, du soutien aux populations, le maintien des services publics. Et puis, l’urgence était aussi de mener des opérations de soutien aux soignants, en récupérant notamment du matériel de protection. N’oublions pas que les premières semaines de confinement, on manquait vraiment de tout. Très vitre, il s’est mis en place une belle chaîne de solidarité pour venir en aide aux habitants, à commencer par les plus fragiles. »
On a le sentiment que la solidarité a été le moteur de l’action municipale, avec le souhait de ne laisser personne sur le côté du chemin…
– F. Macarez : « Le sens du service public s’est ressenti très fortement. Tous les collaborateurs avaient à cœur de faire du mieux possible, même si cela a parfois été dur et fatigant. On a vécu des moments très particuliers, notamment lors de la première distribution de masques à la population. C’est incroyable le regard qu’on pouvait avoir de certains habitants qui n’avaient pas vu quelqu’un se déplacer chez eux depuis plusieurs semaines. Alors oui, la solidarité a effectivement été au cœur de notre action… »
La crise sanitaire pèse lourdement sur l’économie. Peut-on déjà mesurer son impact à Saint-Quentin ?
– F. Macarez : « C’est encore trop tôt pour pouvoir le dire. Il y a de grandes disparités entre les activités. Certains secteurs souffrent plus que d’autres, comme l’événementiel ou le culturel qui sont à la peine. Ce qui est sûr, c’est que ça a été un choc terrible. Le confinement a été une période totale d’arrêt et les entreprises ne pourront jamais récupérer ce qu’elles ont perdu en terme de chiffre d’affaires. Localement, l’urgence était de mettre en place des dispositifs les plus efficaces possibles. Quand on met 100 000 € pour les bons d’achat des commerçants, c’est parce qu’on se dit qu’il y aura un retour direct en terme de consommation. Quand avec les maires de l’Agglo et Xavier Bertrand on crée le dispositif « Aide Covid », c’est pour aider concrètement nos entreprises. Elles sont environ 190 à avoir bénéficié de notre soutien financier. Et l’effort se poursuit. On vient ainsi de souscrire au fonds de relance de la Région à hauteur de 180 000 € pour l’Agglo. »
On redoute une deuxième vague épidémique. Où en est-on au niveau du dépistage à Saint-Quentin ?
– F. Macarez : « On a un partenariat avec le laboratoire Synlab, rue Faidherbe, où chacun peut bénéficier gratuitement d’un test virologique, sans prescription médicale. D’ici quelques jours, ce laboratoire va installer, avec le soutien de la Ville, un centre de dépistage au sein de l’auberge de jeunesse, où chacun pourra se rendre sur rendez-vous. On a aussi réalisé cet été des dépistages dans les quartiers et si la situation nécessite de relancer l’opération, on est prêt à faire face à la demande. Tout dépendra naturellement de l’évolution du virus. Dans l’Aisne, pour le moment, on est bien. »
Même si nous sommes en zone verte, bon nombre de rendez-vous festifs ont été annulés ces derniers temps. Dans quelle mesure la Ville peut-elle continuer à proposer des animations ?
– F. Macarez : « Il faut maintenir des manifestations ! J’y tiens particulièrement, non seulement pour le moral des habitants mais aussi pour satisfaire le besoin de lien social. En septembre, par exemple, des animations sont proposées chaque week-end dans un format certes adapté mais qui permettent de faire vivre la ville. »
Au niveau de l’Agglo et de la Ville, quels sont vos grands projets en terme de chantiers et d’aménagements ?
– F. Macarez : « Beaucoup de choses ! D’ici la fin de l’année, on va choisir un architecte pour l’aménagement de la place de la basilique. En 2021, on aura le démarrage des travaux de la nouvelle salle de sport sur le quartier Europe. Le Casino du faubourg d’Isle a pris un peu de retard avec le confinement, mais on table sur une ouverture début 2021. Même chose pour la piscine Jean-Bouin. Le nouveau parc animalier du parc d’Isle devrait lui aussi ouvrir au public dans le courant de l’année prochaine. Et puis, nous menons actuellement une réflexion sur l’aménagement du vieux port avec le souhait de développer le tourisme fluvestre… » B.D.