Fiscalité locale – La ministre Jacqueline Gourault interpellée par Frédérique Macarez

Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, était présente dans l’Aisne le 16 septembre dernier. Accueillie à Saint-Quentin par Frédérique Macarez et Xavier Bertrand, la ministre a notamment assisté à une présentation du Bus France Services qui, depuis le mois de février, sillonne les quartiers pour aller au plus près des habitants. Un bus disposant d’une large gamme de services publics (CAF, Pôle Emploi, la Poste, les Impôts…) et qui a pu être mis en service grâce à Action Cœur de Ville, un dispositif piloté par le ministère de la Cohésion des territoires.
Place ensuite à une table ronde avec la ministre au cours de laquelle le maire de Saint-Quentin n’a pas manqué de saluer les retombées positives du programme Action Cœur de Ville. « Longtemps, nous avons observé le développement des métropoles et le risque de déclassement des villes intermédiaires. Grâce au dispositif d’accompagnement et à l’esprit du partenariat Cœur de Ville, nous avons collectivement les moyens d’agir. » Frédérique Macarez a toutefois modéré son enthousiasme en rappelant que « le département de l’Aisne est parmi ceux où la dépense sociale pèse lourd et repose sur un contribuable plus modeste que dans la grande majorité des départements. » Et l’élue saint-quentinoise de pointer du doigt la réforme de la fiscalité :
« Les taxes foncières envoyées aux contribuables donnent des informations fausses. C’est très grave pour la confiance avec nos concitoyens mais aussi pour l’attractivité du territoire. »
Frédérique Macarez dénonce là un jeu d’écriture qui laisse supposer que Saint-Quentin lève des impôts à hauteur de 40 M€ alors qu’elle n’en conserve que 35,2 M€. C’est dire que la commune se retrouve à jouer les percepteurs en faveur de l’Etat à hauteur de 4,8 M€. Un tour de passe-passe qui se répète dans toutes les villes de l’Aisne et qui n’est pas sans conséquence pour les contribuables. « Ils nous croient fous quand ils voient la taxe foncière représenter trois mois de loyer. Je demande expressément et avec force une révision de l’écriture de la taxe sinon un remboursement au contribuable », a martelé le maire de Saint-Quentin. Et de conclure : « La fiscalité locale telle qu’elle existe aujourd’hui n’a plus de sens, elle est à la fois injuste et incompréhensible. »
Action Cœur de Ville
– Initié en 2018, le programme Action Cœur de Ville répond à une triple ambition : améliorer les conditions de vie des habitants des communes de taille moyenne, conforter le rôle moteur de celles-ci dans le développement du territoire et redynamiser les centres-villes. Au total, 234 communes ont été retenues, dont Saint-Quentin, pour bénéficier de ce dispositif qui, sur une durée de cinq ans, mobilise pas moins de 5 milliards d’euros pour accompagner la réalisation de nombreux projets. Au sein du gouvernement, c’est Jacqueline Gourault qui est chargée de mettre en œuvre ce programme ambitieux. Mais cela sera-t-il suffisant ? Nous lui avons posé la question…
– St-Quentin Mag : On a longtemps eu l’impression que les villes moyennes, disons même modestes, étaient les laissées-pour-compte de la politique de la ville. Aujourd’hui, nous avons le programme Action Cœur de Ville. Vous pensez que cela va être un levier suffisant pour rattraper le retard ?
– Jacqueline Gourault : « En tout cas, c’est pour ça qu’on l’a fait ! On constate aujourd’hui que les villes moyennes ont réellement besoin d’être soutenues. Mais ça a été une longue évolution ! Je n’accuse personne mais pendant trente ans, on a laissé les centres-villes se vider et les commerces se fermer. C’est sans doute l’évolution de la société mais on sait que le développement des grandes surfaces a nui aux centres-villes. D’où la mise en place d’Action Cœur de Ville, qui relève d’une vraie volonté politique. Vous savez, avec la crise du Covid, on voit de plus en plus de Français vouloir aller vivre dans des villes de taille moyenne. C’est une tendance qui existait déjà mais qui s’est considérablement amplifiée. Je le vois dans ma région avec, au nord du Loir-et-Cher, la ville de Vendôme qui se situe à seulement 42 mn en train de la gare Montparnasse. Là-bas, tout se vend ! Ajoutez à cela le développement du télétravail et vous comprendrez que les villes moyennes ont aujourd’hui une belle carte à jouer. Le programme Action Cœur de Ville va les y aider. Idem pour les communes plus modestes avec
le programme Petites Villes de Demain que nous avons lancé l’an passé. »