Enchères et en or

Décidément, les enchères ont la cote à la télévision !
Après « Un trésor dans votre maison » sur M6, c’est au tour de France 2 de dégainer le marteau avec « Affaire conclue », une émission animée par Sophie Davant qui bat des records d’audience !
Le reflet d’une passion très française pour les « vieilleries » qui, parfois, valent de l’or ? Peut-être… Pourtant, à Saint-Quentin, beaucoup ignorent que des ventes aux enchères sont régulièrement organisées en l’hôtel des ventes du quartier Remicourt. Commissaire-priseur de profession, Florent Moro est le maître des lieux depuis 2015. « Jusqu’alors, c’était Mercédès Muné qui dirigeait l’office. Lorsque ma consœur a souhaité prendre sa retraite après trente ans d’activités, j’ai décidé de reprendre le flambeau. »
Un défi audacieux pour celui qui, aujourd’hui âgé de 37 ans, coiffe deux casquettes : « Je suis effectivement commissaire-priseur volontaire pour les ventes classiques, mais aussi commissaire-priseur judiciaire. à ce titre, je suis autorisé à intervenir dans les procédures de liquidation, redressement, succession… » Deux casquettes, donc, mais où se situe sa préférence ?
« J’aime les deux aspects de mon métier. La partie judiciaire est plus délicate parce qu’on doit faire face à des situations qui sont parfois douloureuses. Le côté humain joue un rôle essentiel. »
Inutile de se voiler la face, les ventes aux enchères classiques se montrent, de leur côté, beaucoup plus attrayantes. « Il y a un côté théâtral qui suscite beaucoup de curiosité et qui peut être très amusant », confirme Maître Moro. Mais au fait, que peut-on acquérir lors de ces enchères ?
« De tout ! Du mobilier aux bijoux, en passant par les vins ou les vieux jouets, on peut tout vendre aux enchères. Après, les prix suivent les tendances du moment. Une armoire rustique qui valait 1 000 € voici vingt ans ne vaudra plus grand-chose. à l’inverse, les objets design, notamment Art déco, valent une fortune aujourd’hui. »
En plus des ventes généralistes organisées chaque mois, Florent Moro anime cinq à sept ventes spécialisées tous les ans avec, en point d’orgue, une vente cataloguée. « C’est là qu’on retrouve les pièces les plus prestigieuses. Ma dernière plus belle vente ? Une chaise signée Jean Prouvé, célèbre designer français, adjugée 10 400 €. » De fait, le commissaire-priseur le reconnaît volontiers : « J’ai souvent la sensation d’être un chercheur de trésor avec l’espoir de tomber sur de très belles pépites ». Chaque vendredi matin en son hôtel des ventes, il expertise gratuitement les objets qui lui sont soumis (lire ci-dessous). « Dans 90 % des cas, je peux donner une valeur dans l’instant. En cas de doute, j’ai recours à un réseau d’experts avec lesquels je collabore. » Prochaines ventes : le 8 décembre pour des jouets, puis le 14 décembre pour des vieux livres. De quoi faire chauffer le marteau de Maître Moro, « fabriqué en ivoire, à une époque où c’était encore autorisé ! »
Hôtel des ventes : 14, rue de Mulhouse à Saint-Quentin. Tél. : 03 23 62 28 30.

 

Faites expertiser vos « trésors » !

– Meubles, livres, bijoux, tableaux, vins, objets déco… Et si votre maison regorgeait de trésors ? Pour en avoir le cœur net, le plus simple est de les faire expertiser. Dans ce cas, notez que maître Moro procède à des estimations gratuites chaque vendredi matin, de 9 h à 12 h, en l’hôtel des ventes. Il suffit de venir avec l’objet à expertiser. Une simple photographie suffit s’il est difficile à déplacer !
– Attention : si l’estimation est gratuite, il n’en va pas de même si vous confiez à maître Moro l’un de vos « trésors » à vendre aux enchères. On appelle ça les frais d’adjudications et chaque maison de vente est libre d’en fixer le montant. Chez maître Moro, ils sont dans la moyenne : 18 %. En clair, s’il vend votre objet 1 000 €, vous n’empocherez que 820 €. Quant à l’acheteur, il devra lui aussi régler des frais, de l’ordre de 20 %. Pour acquérir votre objet vendu 1 000 €, il devra donc débourser 1 200 €.
– à l’arrivée, vous l’aurez compris, maître Moro empoche au total 38 % du montant de chaque vente, les frais étant répartis entre le vendeur et l’acheteur. Seule exception : l’or et la monnaie. Pour ceux-ci, les vendeurs n’ont aucun frais d’adjudications à payer.

 

Quelle formation ?

Deux solutions
– Pour exercer la profession de commissaire-priseur, deux solutions possibles : emprunter la voie « royale », qui se traduit par de longues études (mais pas seulement !) ou opter pour la voie professionnelle, qui s’apparente à un parcours du combattant.
La voie royale
– Il faut d’abord être titulaire d’un double diplôme en droit et en histoire de l’art, arts appliqués, archéologie ou arts plastiques. L’un de ces diplômes doit correspondre au minimum à un niveau Bac+3, l’autre à Bac+2. Ce double diplôme donne ensuite la possibilité de passer le concours de commissaire-priseur. Si vous passez le concours avec succès, vous effectuerez deux années de stage, à l’issue desquelles il vous faudra passer un nouvel examen pour pouvoir enfin exercer.
Et la voie professionnelle ?
– II est possible de devenir commissaire-priseur sans passer par de nombreuses années d’études universitaires. Première étape : être clerc ou salarié d’une société de ventes volontaires pendant sept ans. Seconde étape : passer l’examen d’aptitude volontaire (trois tentatives possibles) et recevoir son attestation de réussite. Il est alors possible de diriger des ventes aux enchères volontaires.