Du cidre made in Remicourt !

 

Connu comme le loup blanc en tant qu’éleveur de chèvres, Xavier Michel aura passé plus de vingt ans de sa vie à vendre des fromages aux douces saveurs caprines sur le marché de Saint-Quentin. Rien d’extraordinaire me direz-vous, si ce n’est que son élevage n’avait rien de champêtre puisque situé en plein cœur du quartier de Remicourt. Jusqu’au jour où des tracasseries administratives le contraignirent à jeter l’éponge. Nous sommes en 2009 et Xavier Michel se retrouve bon gré mal gré à devoir tirer une croix sur ses chèvres laitières. Exit les pâtes molles, bienvenue la patte folle ? Sûrement pas pour cet homme qui n’a jamais eu les deux pieds dans le même sabot ! Et c’est ainsi que le départ des chèvres poussa sa profession d’origine à sortir du bois : ébéniste. Une noble profession qui l’amène notamment à fabriquer des arcs, une arme qui lui permit à deux reprises de devenir champion d’Europe de tir à l’arc préhistorique. Etonnant, non ?
Bon, puisqu’il question d’arc, Guillaume Tell n’est jamais très loin avec son histoire de pomme posée sur la tête de son fils. Et qui dit pomme, dit Xavier Michel ! Eh oui, depuis sa plus tendre enfance, l’homme joue au cidrier, initié par son père du côté de Montbrehain. « A l’origine, c’est mon grand-père Raymond qui a acquis tout le matériel pour fabriquer du cidre », précise notre touche-à-tout de génie qui, depuis des décennies, perpétue la tradition familiale. Début octobre, c’est du côté du quartier de Remicourt qu’il nous a ouvert sa porte. Une belle bâtisse en brique d’argile (et non de chèvre, pardi !)
qui dissimule une immense pâture sur laquelle bombent fièrement leur tronc un bataillon de pommiers à cidre. Pour produire son nectar made in Saint-Quentin, Xavier et son cousin Alain s’activent autour d’un grugeoir avant d’aller tâter du pressoir. « Dans le temps, on ramassait les pommes à la Toussaint, puis on produisait le cidre à Noël. Tout est décalé avec le changement climatique », constate Xavier sur un ton fataliste. Peu importe la période pourvu qu’on ait la boisson ! Cette année, ce sont pas moins de 800 kilos de pommes qui vont être pressées pour combler deux belles barriques de 230 litres chacune. Soit à l’arrivée plus de 600 bouteilles de cidre qui, ô misère, ne sont pas destinées à la vente mais uniquement à une consommation personnelle, en famille et entre amis. Un pépin pour ceux qui, comme nous, espéraient bien trinquer…