Double jeu au Familistère

Coup d’envoi ce samedi 21 septembre de la nouvelle saison culturelle du Familistère de Guise. Et pour ouvrir le bal, voici Thierry Lopez dans un seul en scène singulier, aux contours volontairement brouillés. « Ich bin Charlotte », c’est le titre de cette pièce signée Doug Wright dans laquelle « il » et « elle » sont comme chien et loup, obligeant le comédien à se faire caméléon. Avant de le retrouver sur les planches du théâtre du Familistère, Thierry Lopez a répondu à nos questions…
« Ich bien Charlotte » est né d’une histoire vraie, celle d’un travesti allemand…
– Th. Lopez : « Doug Wright s’est effectivement inspiré de la vie de Charlotte von Mahlsdorf, née Lothar Bergelde en 1928 en Allemagne de l’Est. L’histoire d’une femme née dans un corps d’homme qui a connu un destin extraordinaire au cours d’un XXe siècle extrêmement mouvementé. »

Les tourments de l’Histoire sont ici plus qu’une toile de fond…
– Th. Lopez : « Au siècle où elle est née, Charlotte a côtoyé le pire, les officiers nazis, puis ceux de la Stasi, avec une étonnante capacité d’adaptation. Malgré sa singularité, elle a survécu aux régimes les plus sanguinaires qui soient, le nazisme puis le communisme. Mais à quel prix ? »

Sur scène, vous n’êtes pas seulement Charlotte von Mahlsdorf…
– Th. Lopez : « Le personnage principal, c’est l’histoire. Charlotte joue naturellement un rôle central mais j’interprète également toute une galerie de personnages qui l’ont approchée de près ou de loin. Au total, ce sont une quarantaine de personnes qui se succèdent dans un vaste tourbillon ! (rires) Mais qu’on se rassure, les spectateurs ne s’y perdent pas. Au contraire, je m’applique à les prendre par la main pour toujours mieux les guider. »

Un homme dans la peau d’une femme… Avec votre interprétation, on n’est ni chez Michou ni dans la Cage aux folles…
– Th. Lopez : « Ce sont des univers que j’apprécie par leur excentricité mais avec Charlotte, on n’est pas dans la caricature. En tant que comédien, je me plais à me considérer d’abord et avant tout comme un conteur. Et je dois avouer que je prends un plaisir infini à conter le destin incroyable de ce travesti allemand qui relève à la fois de la mythologie grecque et de la grande tragédie aux accents shakespeariens… »
« Ich bin Charlotte » : samedi 21 septembre à 18 h au théâtre du Familistère.

Tarifs : 10 € / 7 €.