Delphine Gleize – Une femme au cœur de la mêlée !

César du meilleur court-métrage en 2000, la Saint-Quentinoise Delphine Gleize mène depuis une vingtaine d’années une double carrière de réalisatrice et de scénariste. A son actif, une dizaine de films qui alternent entre fiction et documentaire. Le dernier en date a pour titre « Beau joueur » et nous embarque au pays de l’ovalie. Un film singulier sur l’Aviron Bayonnais qui, peu après son accession au Top 14 en 2016, va rapidement constater que la victoire a déserté son camp. Plus dure sera la chute… Un film présenté au CGR Cinéma ce vendredi 17 janvier en présence de la réalisatrice…

Votre dernier documentaire, « Beau joueur », est une immersion dans l’univers du rugby. Mais comment diable vous êtes-vous retrouvée au cœur de la mêlée ?
– Delphine Gleize : « En fait, le rugby est le seul sport que j’aime et que je connais vraiment bien !
à Saint-Quentin, quand j’étais enfant, mon père jouait au RCSQ, un club amateur, et je l’accompagnais au match tous les dimanches. C’est ce rugby là que je connais et pour être honnête, je n’imaginais pas réaliser un jour un film sur le monde du rugby professionnel. »
Quel a été le déclic pour qu’un tel docu ne reste pas sur la touche ?
– Delphine Gleize : « Le hasard. Un jour en 2016, j’ai fait part à un ami de toute mon admiration pour Vincent Etcheto, l’entraîneur de l’Aviron Bayonnais qui, cette année-là, venait de faire monter son club dans le Top 14. Il se trouve que cet ami connaissait Etcheto et par son intermédiaire, un rendez-vous a pu être calé. Mais quand je débarque à Bayonne, l’équipe vient de perdre sept fois d’affilée ! Je suis alors scotchée par ce que je vois, une sorte de présence physique incroyable, une abnégation sans faille, quelque chose qui m’a donné envie de suivre cette équipe. C’est précisément ce que j’ai fait avec ma caméra pendant sept mois et demi en y croyant à mort ! Malheureusement, l’équipe n’a pu sauver sa peau… »
Quand vous évoquez ce film, vous dites : « J’ai imaginé « Beau Joueur » comme le roman d’un dépit amoureux. On en est là ?
– Delphine Gleize : « Ah oui ! Alors que personne ne croyait en eux, les joueurs bayonnais ont réussi l’exploit de monter dans le Top 14. Et là, tout Bayonne les acclame ! Du coup, c’est difficile pour les joueurs de se remettre de ce choc, de cette déclaration d’amour, surtout quand le vent tourne sur le terrain… »
Le 17 janvier, vous présenterez « Beau joueur » à Saint-Quentin. Vous revenez souvent dans la ville de votre enfance ?
– Delphine Gleize : « Jamais ! Il faut dire aussi que mes parents ont quitté la ville depuis près de vingt ans. Je viens uniquement pour présenter mes films et là, je suis vraiment contente parce que tous les copains de rugby de mon père seront présents. Ça va être une belle fête. »
Vous avez paraît-il un projet de film avec Eric Lartigau, qui a réalisé notamment « La famille Bélier » et « Prête-moi ta main »…
– Delphine Gleize : « En tant que scénariste, j’écris ses deux prochains films. Le premier est l’adaptation d’un roman graphique japonais qu’on va tourner dans les Landes. En tant que réalisatrice, j’ai un projet de long-métrage qui devrait me faire revenir dans le Nord. Les briques me manquent ! »  B. Duchet
Ciné débat autour du film « Beau joueur » : vendredi 17 janvier à 20 h au CGR Cinéma en présence de Delphine Gleize. Tarif : 6,70 €.