Delépine à Saint-Quentin Pour présenter son dernier film : « I feel good »

Natif de Saint-Quentin, Benoît Delépine a fait étape le 24 octobre au Cinéquai pour présenter son dernier film, coréalisé avec son compère de toujours, Gustave Kervern : « I feel Good », avec Jean Dujardin et Yolande Moreau. L’occasion d’évoquer avec lui cette comédie sociale décapante, l’histoire d’un bon à rien qui débarque dans une communauté Emmaüs avec une seule idée en tête : devenir riche en montant sa startup…
Venir à Saint-Quentin, c’est un rituel pour vous ?
– B. Delépine : « Oui, bien sûr, je suis toujours très content de passer par ma ville natale. C’est notre avant-dernière présentation, nous aurons fait un tour de France en une trentaine de villes. »
Quel bilan de cette tournée promotionnelle ?
– B. Delépine : « C’est l’un des meilleurs accueils que l’on n’a jamais eu ! Sur le fond comme sur la forme, nous avons reçu partout de bonnes critiques, dans la presse comme de la part des gens qui ont visionné le film. La promotion est parfois pénible mais là, pas du tout. »
Comment vous est venu l’idée de ce film ?
– B. Delépine : « Gustave et moi, on avait entendu parler de la communauté Emmaüs de Pau, la plus grande de France avec une architecture assez surprenante. Je me souviens, étant gamin, être souvent allé chez Emmaüs à Saint-Quentin, avec ma mère. C’est un endroit que nous avions envie de faire découvrir. C’est formidable de faire se côtoyer une équipe de chiffonniers avec les gens du cinéma. »
Outre Jean Dujardin, vous avez fait tourner Benoît Poelvoorde, Yolande Moreau, Albert Dupontel, Michel Houellebecq et même Depardieu… Quel est votre secret pour attirer de telles stars ?
– B. Delépine : « L’air de rien, ils aiment bien nos films, même après les deux premiers où l’on a joué nous-mêmes dedans. Le fait d’avoir réussi à convaincre Gérard Depardieu à jouer dans « Mammuth », nous a aidés. Nous écrivons chaque fois le scénario pour l’acteur que l’on souhaite mettre à l’affiche, on fait du sur-mesure, c’est peut-être ça notre secret. »
Dans « I feel good », vous avez donné un rôle à Jean-François Landon qui n’est pas acteur. Pourquoi ?
– B. Delépine : « Il est dans les dix principaux rôles. Il nous avait fait la cantine sur plusieurs films, on avait chaque fois remarqué sa présence, sa gouaille, son bagout et sa voix qui est extraordinaire. On avait envie de le faire tourner, ce film était parfait pour cela. C’est une très belle aventure ».
On murmure que votre prochain long métrage pourrait être consacré à Brigitte Fontaine…
– B. Delépine : « On va effectivement essayer, c’est quelqu’un que l’on aime beaucoup. Elle va fêter ses 80 ans l’année prochaine, on a envie de lui faire ce cadeau. »
Quand vous regardez dans le rétroviseur, comment voyez-vous votre parcours ?
– B. Delépine : « En terminale au lycée Henri-Martin, je faisais des bandes dessinées dans mon journal. Je n’ai pas réussi dans cette spécialité mais j’ai réussi plein d’autres choses, c’est déjà pas si mal… »

Jean-François Landon : la tête de l’emploi

Traiteur bien connu dans le Saint-Quentinois, Jean-François Landon est acteur dans le dernier film de Benoît Delépine et Gustave Kerven, « I feel good ». Il y incarne le cuisinier d’une communauté Emmaüs. « Benoît et moi sommes tous deux d’Holnon, mais on se connaissait pas plus que ça », confesse le maître-queue. Ses débuts avec le 7e art remontent à 1998 dans l’ancienne prison, sur le tournage de « La taule », avec Claude Brasseur, où il assure la restauration. Quelque temps plus tard, sa rencontre avec un régisseur en repérage à Saint-Quentin pour le tournage de « Louise-Michel » signe le début de sa collaboration avec Benoit Delépine et Gustave Kerven. « L’enregistrement de l’aboiement de mes chiens a été utilisé dans le film », se souvient avec humour le cuisinier. Depuis, il a préparé la cantine sur tous les films du duo, côtoyant Benoît Poelvoorde, Albert Dupontel, Michel Houellebecq, Yolande Moreau, Jean Dujardin… et même Gérard Depardieu. « Un type extraordinaire, gentil, généreux et surtout très humain. » Pour « I feel good », Jean-François Landon a suivi l’équipe du tournage à Pau, en Roumanie, puis en Bulgarie. « C’est toujours la même équipe de techniciens, nous formons une grande famille. C’est très convivial. » Son passage devant la caméra ? « J’avais souvent fait de la figuration, mais jamais plus. Je pense que pour ce rôle, j’avais tout simplement la tête de l’emploi. » Une chose est sûre, Jean-François Landon a été séduit par cette expérience. « Si de nouveau, ils me proposent un rôle, je dis oui tout de suite. Avec des gens comme eux, c’est du pur bonheur ! », conclut celui qui, en attendant, a retrouvé son laboratoire et sa cochonaille.