Décès de chirac : XB réagit « L’un des derniers géants de la politique »

 

Le décès de Jacques Chirac survenu le jeudi 26 septembre a suscité une immense vague d’émotion à travers le pays. Xavier Bertrand, qui a été son secrétaire d’Etat à l’Assurance maladie, puis ministre de la Santé de 2005 à 2007, nous a confié ses souvenirs…
Comment réagissez-vous au décès de Jacques Chirac ?
– X.B. : « Je suis très triste, c’est un peu la fin d’une époque. C’est l’un des derniers géants de la politique qui vient de disparaître. C’était quelqu’un de profondément humain. Ceux qui l’ont vu, notamment à Saint-Quentin, peuvent en témoigner. Il aimait les gens, il avait besoin du contact humain. »
Symbolisait-il à vos yeux le gaullisme social ?
– X.B. : « Absolument. La fracture sociale, près de 25 ans avant les gilets jaunes, il l’avait comprise. Il y a eu des décisions concrètes sur les retraites, comme les carrières longues pour ceux qui ont commencé à travailler dès 14 ans. Il accordait de l’importance aux gens, à leur santé. C’est lui qui m’a donné le feu vert pour l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Le plan cancer, qui a permis de sauver des dizaines de milliers de vie, c’est lui. La création d’un fonds international pour le sida, c’est lui. La taxe sur les billets d’avion, c’est encore lui. La première étape sur la dépendance avec la journée de solidarité, c’est aussi lui, idem pour le Samu social. Il a aussi beaucoup fait évoluer le pays sur la question du handicap… Etre ministre de la Santé auprès de lui était quelque chose de très agréable. »
Des anecdotes ?
– X.B. : « Il m’appelait toujours docteur. Je lui disais : Monsieur le Président, je ne suis pas médecin, je suis assureur. Il me répondait oui, je sais, mais docteur, ça te va bien ! C’était une façon d’avoir de la distance tout en mettant à l’aise ses interlocuteurs avec beaucoup d’humour. Et puis, c’est lui qui a fait rempart à Jean-Marie Le Pen, qui a dit non quand les Etat-Unis voulaient nous embarquer dans la guerre en Irak. C’est quelqu’un qui incarnait la grandeur de la France, son indépendance et les Français. Il était dans la droite ligne de De Gaulle. C’était quelqu’un de profondément attachant. »

Minute de silence et hommage à St-Quentin

Comme partout en France, lundi 30 septembre à 15 h, les Saint-Quentinois ont observé une minute de silence. Place de l’Hôtel-de-Ville, près de 300 d’entre eux se sont rassemblés. Frédérique Macarez a rendu hommage à l’ancien président de la République, lequel avait été accueilli à Saint-Quentin avec son épouse par Pierre André le 29 mars 2002. « La France et l’Europe perdent l’une de leurs figures emblématiques, un homme de convictions porté par des valeurs humanistes… Son nom est désormais inscrit de manière indélébile dans l’histoire de notre pays, il laisse en plus à Saint-Quentin le souvenir d’un homme aimable, proche de ses concitoyens », a souligné Frédérique Macarez.