Dany Brillant : la vague slow

Que d’eau écoulée sous les ponts depuis la sortie de « Suzette », son tout premier tube qui marqua l’année 1992. Plus de deux décennies plus tard, Dany Brillant est toujours là, fidèle à la barre dans son costume de crooner. Avec l’envie d’élargir son horizon, c’est sur une vague inédite que Dany a décidé de surfer : celle du slow. A découvrir dans son nouvel album, « Le dernier romantique », mais c’est aussi sur la scène du Splendid le 1er avril prochain. Côté séduction, on parie qu’il sera comme un poisson dans l’eau…

Votre dernier album est 100 % slow. C’est pour apporter un peu de douceur dans un monde de brutes ?
Dany Brillant : « Exactement ! Je ne suis sans doute pas le seul à avoir remarqué que le monde qui nous entoure devient de plus en plus dur. Du coup, le besoin de tendresse et d’amour se fait plus pressant. Dans mon dernier album, exclusivement composés de slows, j’ai souhaité explorer tous les sentiments liés à l’amour. Ça me permet de chanter des histoires universelles, qui parlent à tout le monde. »

Après le swing, la salsa, le jazz latino… le slow ! Ralentir le tempo, c’est pas un peu vieillir ?
Dany Brillant : « Surtout pas ! En ralentissant le tempo, j’ai au contraire l’impression de jouer les précurseurs. Le slow, c’est comme une forme de relaxation, qui nous apporte cette petite note de paix et de fraîcheur si précieuse. Moi, j’aime la musique qui prend son temps. Et vous allez voir qu’à l’avenir, de plus en plus d’albums très zen vont sortir. Dans un monde où tout va trop vite, on va enfin retrouver la slow attitude. »

Au fait, vous vous souvenez de votre tout premier slow ?
Dany Brillant : « J’étais un ado très timide, très complexé. C’est dire si j’aimais les slows ! Dans une boum, c’était le seul moment où je pouvais prendre une fille dans mes bras. Une sorte de flirt autorisé ! Mais mon tout premier slow, je crois bien que c’est à la maternelle que je l’ai dansé. Avec une petite Géraldine qui, si mes souvenirs sont bons, avait deux ans de plus que moi (rires). »

En 1972, dans « Les plaisirs démodés », Aznavour militait déjà pour les slows. 42 ans plus tard, le combat est toujours d’actualité…
Dany Brillant : « Après mes concerts, il m’arrive parfois d’aller en boîte de nuit. La musique y est assourdissante ! Comment voulez-vous nouer des relations dans un tel vacarme. Mais je parie que les slows vont bientôt faire leur grand retour en discothèque. »

A force de jouer les crooners, vous n’avez pas peur de ne plus plaire ?
Dany Brillant : « Je touche du bois ! Cette peur, bien sûr qu’elle est là. Mais c’est un moteur. Dans mon métier, il n’y a aucune sécurité de l’emploi. C’est pour ça qu’il faut toujours faire preuve d’audace, sans craindre les prises de risque. »

Que répondez-vous à ceux qui disent que le slow, c’est le degré zéro de la danse ?
Dany Brillant : « Qu’ils ont raison ! Mais l’avantage du slow, c’est que c’est la danse la plus démocratique du monde. Pas la peine de l’apprendre, tout le monde peut spontanément la danser. Il n’y a aucune technique à acquérir. »

Vous qui chantez l’amour, vous êtes souvent tombé amoureux ?
Dany Brillant : « Pas souvent. Disons que j’ai eu deux grandes histoires… Mais bon, vous connaissez la chanson : l’amour, ça commence au resto et ça finit au tribunal. Mais en tant que chanteur, je veux surtout faire rêver les gens. »

En concert au Splendid : mercredi 1er avril à 20 h 30. Billetterie : 47, rue d’Isle.