Christophe Willem – La tortue caméléon

Une voix aiguë, des textes graves… ou l’inverse ! Depuis le début de sa carrière, Christophe Willem n’en finit plus de brouiller les pistes avec, pour seul fil rouge, un goût marqué pour les mélodies. « Rio », son dernier album, en est l’exemple parfait : un cocktail de funk, pop et ballades aux reflets toujours changeants. Ou quand la Tortue se fait caméléon…Bonne nouvelle : l’emblématique gagnant de « La Nouvelle Star » sera présent sur la scène du Splendid ce samedi 13 octobre. En attendant, il s’est confié à St-Quentin Mag.

Votre dernier album a pour titre « Rio ». Pourquoi ce clin d’œil au Brésil ?
– Christophe Willem : « Ça remonte à 2016. Cette année-là, on m’a invité à venir chanter au Club France à Rio de Janeiro, dans le cadre des Jeux olympiques. Et sur place, j’ai ressenti un vrai coup de foudre pour cette ville pleine de couleurs et de contrastes. Le contexte économique et social n’est pas facile là-bas mais du même coup, cela pousse les habitants à vivre pleinement l’instant présent. A cette époque, on sortait en France d’une période d’attentats qui nous avaient meurtris. Et puis, au Brésil, j’ai soudain retrouvé une sorte de légèreté joyeuse qui vous invite au « lâcher prise », à être soi-même. C’est précisément ce que je raconte dans la chanson « Copacabana », qui ouvre l’album… »

Un album dans lequel certaines mélodies font spontanément penser à Zazie. Hommage volontaire ou acte manqué ?
– Christophe Willem : « C’est probablement un acte manqué ! (rires) Cela dit, quand j’ai composé la musique du morceau « Nos balles perdues », j’avais conscience d’adresser un clin d’œil à Zazie. C’était pour moi une évidence qu’elle en écrive le texte. Collaborer avec Zazie reste pour moi un vrai bonheur. »

Ça donne quoi Christophe Willem sur scène ?
– Christophe Willem : « Ça donne quelque chose de très dynamique et très joyeux ! Pour moi, chaque concert est un vrai rendez-vous avec le public. Le lien est là, on est dans le partage, dans la vraie vie, loin des artifices qu’entretiennent les réseaux sociaux. La scène a ce truc magique, elle nous permet de nous retrouver hors du temps. C’est vraiment l’endroit où je me sens le plus à l’aise. »

Si vous n’aviez pas remporté « La Nouvelle Star » en 2006, à quoi ressemblerait votre vie ?
– Christophe Willem : « Avant « La Nouvelle Star », je souhaitais devenir prof de communication. Alors, peut-être que je passerais mon temps à écumer des salles de classe. A cette époque, la musique était pour moi un simple échappatoire, quelque chose que je vivais de manière très personnelle. Je n’avais pas du tout l’ambition ni l’envie de vivre de la musique !
Et puis, le destin a voulu que ma sœur m’inscrive au casting de « La Nouvelle Star ». Grâce à cela, ma passion s’est transformée en métier, mais ça n’était pas du tout prémédité. »

Au fait, ça vous arrive encore qu’on vous surnomme la Tortue ?
– Christophe Willem : « Pas plus tard que la semaine dernière à côté de chez moi ! J’étais à un distributeur d’argent quand j’ai entendu quelqu’un dire derrière moi : « Punaise ! J’y crois pas, la tortue ! » (rires) Au fond, j’aime bien ce surnom, ça reste très affectueux… »

Vous avez fêté cet été vos 35 ans. L’âge de la maturité ?
– Christophe Willem : « Vous savez, quand on a 20-25 ans, on est toujours en train de se projeter. On se dit : « plus tard, je vais faire ci, je vais faire ça ». J’ignore si c’est la maturité mais à 35 ans, je ne suis plus du tout dans la projection. Les choses, je veux les faire ici et maintenant ! » B. DUCHET

Christophe Willem en concert :
samedi 13 octobre à 20 h au Splendid.
Tarif : 38 €. Billetterie : 14, rue de la Sellerie.
Tél. : 03 23 62 36 77.