Xavier Bertrand répond à St-Quentin Mag

EXCLUSIF – A peine élu, Xavier Bertrand a accepté de recevoir St-Quentin Mag pour nous livrer, sans détour ni langue de bois, son analyse des municipales.

Un tour vous aura suffi pour remporter les municipales. Surpris ?
« Oui, surpris. Avec quatre listes face à la nôtre, une campagne très agressive et un contexte de défiance vis-à-vis de la politique, un projet sérieux  était attendu par les Saint-Quentinois. »

Le FN siège désormais au conseil. Votre réaction ?
« Les Saint-Quentinois ont voté. Je suis convaincu qu’il y a des électeurs exaspérés  par  la politique au niveau national et énormément de déçus par Francois Hollande. »

Vous avez annoncé lors du conseil d’installation que vous déposiez une plainte en diffamation contre Michel Garand…
« La campagne a été d’une violence inouïe, haineuse, il s’en est même pris à ma famille. Monsieur Garand a choisi le terrain de la calomnie, il devra en répondre devant la justice. »

Treize adjoints, dont six nouveaux… Pour quelles nouvelles orientations ?
« Il faut un vrai changement. Ce mandat sera certainement celui de la sortie de crise nationale, je veux une nouvelle dynamique. Il y a 40% de nouveaux élus, et parmi ceux qui restent, très peu conservent les mêmes fonctions. Je veux une équipe plus réactive et je fais confiance aux jeunes, notamment à Thomas Dudebout et Mélanie Massot. »

Vous avez pris des engagements durant cette campagne, notamment pour les étudiants…
« Il faut doubler le nombre d’étudiants. En plus du pôle universitaire, il faut continuer à travailler sur des antennes universitaires, des résidences et une maison pour ces étudiants. Mes engagements portent aussi sur les habitants et l’emploi. Depuis deux ans, on regagne de la population. Il faut poursuivre. Je me suis également engagé à ne pas augmenter les impôts durant ma mandature. »

Doit-on s’attendre à de grands bouleversements ?
« Oui, notamment d’organisation en mairie. Robert Renard, directeur général des services, aura autour de lui une organisation plus souple. Je baisse également les indemnités des adjoints ; ces crédits pourront être utilisés pour des actions au profit des quartiers. On va également réduire au maximum tout ce qui relève, à mon sens, des dépenses inutiles. »

Quels sont vos espoirs en matière de sport ?
« Encourager la pratique avec de nouvelles actions dans les quartiers. Je vais m’efforcer de donner envie aux jeunes de prendre des licences grâce aux activités périscolaires. Le karaté, le tennis de table, la boxe… sont au plus haut niveau, je pense que le volley a une place à terme en pro A. Concernant l’OSQ, il lui faut un vrai projet pour le niveau National. Pour SQBB, des changements en profondeur. Il est impératif que les joueurs aient la même envie de gagner que le public pour rejoindre la pro A ».

Depuis le 4 avril, St-Quentin Mag a pris ses quartiers en ville. Comment percevez-vous l’arrivée d’un nouveau journal dans la cité des Pastels ?
« Il me semble que c’est une excellente nouvelle ! Je crois à la gratuité, à l’accessibilité et à la proximité. Bref, aux médias qui sont le reflet de ce que vivent les Saint-Quentinois. »

La  hausse du chômage qui se poursuit, la loi Florange jugée contraire à la liberté d’entreprendre, une véritable Bérézina aux municipales… Votre analyse ?
« Nous avons tout simplement des incapables au gouvernement ! Prenez la loi Florange : j’avais dit à l’Assemblée nationale en 2012 qu’elle ne passerait pas au Conseil constitutionnel. Ils ont voulu faire de l’esbrouffe, pour plaire aux communistes et à l’extrême gauche. Ce sont des menteurs professionnels, des menteurs récidivistes. Souvenez-vous des propos de M. Hollande à propos du chômage : avec lui Président, le taux de chômage allait forcément baisser. Or,  il n’a jamais été aussi haut dans notre pays.»

Privilégier la ville au détriment des législatives, n’est-ce pas pour l’avenir vous priver d’une tribune nationale ?
« Ai-je besoin d’être à l’Assemblée nationale pour me faire entendre ? Non. J’ai cette chance. C’est pour moi plus facile d’obtenir des rendez-vous et de faire avancer les dossiers, quelle que soit la couleur du gouvernement. Arnaud Montebourg m’a confirmé qu’il était prêt à m’appuyer dans ma démarche sur les robots numériques ».