Boxe : l’Expert à Sheffield – Guillaume Frénois affrontera l’Irlandais Carroll

Le 8 décembre prochain, le super-plume Guillaume Frénois affrontera dans une demi-finale mondiale l’Irlandais Jono Carroll, à Sheffield en Angleterre. à 35 ans, après 46 victoires en 47 combats, 11 avant la limite, dont 9 par KO, surnommé « l’Expert », le Saint-Quentinois a répondu à nos questions…
Vous deviez pour cette échéance retrouver l’Italien Devis Boschiero, le seul adversaire face auquel vous vous êtes incliné. Or, il a déclaré forfait. Déçu ?
– G. Frénois : « Oui, cette revanche, une demi-finale mondiale, aurait été l’occasion d’effacer ma seule défaite. Je suis d’autant plus déçu que le combat se serait fait à Saint-Quentin. »
L’Irlandais Jono Carroll, 26 ans, invaincu en 16 combats, a été désigné en remplacement. Que savez-vous de lui ?
– G. Frénois : « Absolument rien ! S’il a été choisi, c’est qu’il est très bon. Jusqu’alors, invaincu, ce sera forcément un bon adversaire et je le prends très au sérieux. Mais mon premier adversaire, c’est d’abord moi-même, je suis en train de préparer la machine. Carroll est un boxeur qui avance, qui rentre dedans, ce sera un combat difficile. Il faudra être prêt. Après, on verra sur le ring. »
Comme vous, Jono Carroll est fausse garde, le combat sera donc compliqué…
– G. Frénois : « Deux gauchers ensemble, cela ne fait jamais un très beau combat. Mais mes titres les plus importants ont été gagnés face à des gauchers. Alors, gaucher ou droitier, peu importe ! Il faut gagner. »
Comment préparez-vous cette rencontre ?
– G. Frénois : « Comme d’habitude, ma préparation est dans les mains de Giovanni Boggia, mon entraîneur. je me prépare à Saint-Quentin les jours un peu creux, et à Pont-Sainte-Maxence, dans l’Oise, pour les grosses séances physiques et techniques. Nous allons rentrer dans la période où nous allons faire venir des sparring-partners avec lesquels j’ai l’habitude de travailler, des gauchers invaincus en 15 ou 20 combats, ça tient debout. »
Comment évaluez-vous vos chances de l’emporter ?
– G. Frénois : « Je n’évalue jamais mes chances avant un combat. Je me prépare à fond, je me dis je vais gagner, il faut que je gagne. »
Votre combat était initialement prévu au Madison Square Garden à New York, où les plus grands se sont produits, Ray Sugar Robinson, Mohamed Ali, Mike Tison, Carlos Monzon, Marvin Hagler… Il se fera finalement en Angleterre. Pas trop déçu ?
– G. Frénois :
« Le Madison est un mythe, c’était quelque chose de formidable avec la contrainte de partir, tout quitter une semaine avant le combat. L’Angleterre, c’est finalement un mal pour un bien. »
à Sheffield, l’Arena devrait accueillir 13 500 spectateurs. Cela vous impressionne ?
– G. Frénois : « Je n’ai jamais boxé dans une salle aussi grande, mais c’est un combat mondial au sommet de la pyramide. »
Si vous gagnez, vous deviendrez challenger officiel du champion du Monde IBF, l’Américain Tevin Farmer. à quelle échéance pourrait se faire le combat ?
– G. Frénois : « Je pense dans les trois à quatre mois qui suivront. »
à 35 ans, professeur d’EPS au lycée Jean-Bouin, marié, père de deux enfants, en cas de défaite, quelle orientation donnerez-vous à votre carrière ?
– G. Frénois : « Ce n’est pas mon combat de jubilé. Je n’y pense même pas. Je suis encore là et content de ce que j’ai fait, j’espère pouvoir continuer encore un peu. »
Un déplacement de supporters sera-t-il organisé pour Sheffield ?
– G. Frénois : « Oui, mon épouse s’en occupe via sa page Facebook (Adeline Frénois). Départ le samedi 8 décembre au matin, retour le dimanche après-midi. Nous allons essayer de trouver des partenaires pour proposer le billet, le voyage et la nuit d’hôtel au maximum à 75 €. »