Bigard tout en finesse

Du Stade de France à la MCL de Gauchy et ses 400 places, l’écart est vertigineux ! Mais rassurez-vous, pas de quoi faire trébucher Jean-Marie Bigard qui, ce samedi 31 janvier, nous offrira en toute intimité la crème de la crème de ses sketches. En attendant, l’humoriste préféré des Français nous a livré des infos exclusives sur son prochain spectacle, qu’il souhaite dédier… aux femmes ! Une bonne claque à tous ceux qui taxent le vieux briscard du rire de misogyne.

Jouer dans une petite salle comme celle de Gauchy, c’est une façon de vous rapprocher de votre public ?
Bigard : « J’adore ! La première fois que j’ai fait Bercy, je jouais l’avant-veille au Point-Virgule, un minuscule théâtre parisien. Ça m’intéresse énormément d’être proche des spectateurs parce que je capte tout de suite leurs réactions. C’est précieux pour un humoriste. Les salles avec une toute petite jauge, c’est comme un laboratoire d’étude ! »

Avec « 100 % Bigard », on a vraiment le meilleur du meilleur ?
Bigard : « C’est en tout cas le florilège de ce que j’estime être le meilleur de mes sketches. Un vrai best-of ! Mais pas seulement puisque je réserve parfois des surprises aux spectateurs. Comme je suis en pleine écriture de mon nouveau spectacle, ça me permet certains soirs d’injecter de nouveaux sketches et de les roder sur scène. »

« 100 % Bigard » n’est donc qu’une transition…
Bigard : « Oui. Comme je déteste m’éloigner de la scène entre deux spectacles, mon pote Ludo (Ludovic Givron, patron de la Boite à Rire à Saint-Quentin, NDLR) m’a proposé cette tournée façon best-of. Je m’offre le luxe de jouer cinq soirs la même semaine. Du bonheur ! »

Après « N° 9 de Bigard », il faut s’attendre à quoi pour votre nouveau one-man-show ?
Bigard : « En 2012, j’ai eu des jumeaux. La paternité, c’est très drôle pour un vieux sanglier comme moi. J’ai en permanence les deux mains dans le cambouis. Un cambouis qui sent pas vraiment la rose ! Entre les couches, les biberons, les purées, les sources d’inspiration ne manquent pas. »

Votre 10e one-man-show sera donc consacré à la paternité ?
Bigard : « Tu veux un scoop ? Peut-être que je vais l’appeler « Bigard tout en finesse ». Parce que cette fois, je vais passer de l’autre côté du miroir pour prendre la défense des femmes. Moi, aujourd’hui, je me sens à la fois papa et maman. Le nouveau Bigard, c’est pas un nouvel homme, c’est une nouvelle femme ! (rires) ».

On a hâte de juger sur pièce… Allez, question « tarte à la crème » : peut-on vraiment rire de tout ?
Bigard : « Gustave Kervern et Benoît Delépine ont eu cette réponse qui, pour moi, tranche définitivement le débat : on ne peut rire que de tout. Moi, je pratique un humour qui peut paraître féroce mais qui n’est méchant pour personne. Quand j’ironise sur mes contemporains, en réalité, je me moque essentiellement de moi. »

Un jour, vous avez déclaré qu’une fois à poil, tous les hommes étaient semblables… C’est vrai ?
Bigard : « Bien sûr que non ! (rires). T’as déjà vu un film X ? Un acteur porno, quand il tient son engin des deux mains, y’a encore un bout qui dépasse. Moi pas. Et toi ? »

Hum… Faut voir. Au fait, vous aussi vous êtes Charlie ?
Bigard : « Bien sûr ! Je vais te raconter une histoire. Ça se passe en 1988. Laurent Baffie vient d’écrire mon tout premier one-man-show, « Vous avez dit Bigard ? » et je me dis : ça serait pas mal si Wolinski dessinait l’affiche. Moi, à l’époque, je ne suis pas très connu mais je me dégonfle pas. J’appelle le Nouvel Obs où travaillait Wolinski, je prends ma plus grosse voix et demande à lui parler d’urgence. Et contre toute attente, on me le passe ! Là, je lui explique qui je suis, ce que je fais et que j’aimerais bien avoir une affiche. Lui me répond qu’il n’a pas trop le temps, mais bon, il veut bien voir l’unique K7 vidéo que j’ai du spectacle. Le même jour, hop, au guidon de mon Solex, Je lui dépose au journal. Et le lendemain, coup de fil : il accepte pour l’affiche, sur laquelle il m’a fait une gueule de hérisson ! Voilà, c’était ça Wolinski. La gentillesse incarnée, prêt à filer un coup de pouce à un humoriste débutant. »

Jean-Marie, dernière faveur : une petite vanne pour la route ?
Bigard : « Bon d’accord. C’est l’histoire d’un mec qui va aux putes à Amsterdam. Tu sais, la ville où les filles tapinent derrière des vitrines. Bref, il arrive dans le quartier rouge et là, il tape à la vitre d’une fille. C’est combien ? 200, qu’elle répond. C’est cher ! Oui mais c’est quand même du double vitrage. »

« 100 % Bigard » : samedi 31 janvier à 20 h 30, MCL de Gauchy.