Mon ami Michou

 

Il est parfois des amitiés nées du hasard. Celle qui unit la Saint-Quentinoise Christiane Joffrin à l’extravagant Michou, figure emblématique des nuits parisiennes avec son spectacle de travestis, en est l’exemple. En juillet 2005, feuilletant une revue dont un article s’intitule « Une journée avec Michou », Christiane décide de le rencontrer. « Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce qu’il est Picard. » Le mercredi suivant, elle monte à Paris dans un bar de l’avenue Matignon fréquenté par l’artiste. Lorsque celui-ci entre, elle l’interpelle : « Bonjour Monsieur Michou, je viens de Saint-Quentin. » « Ah, je connais, je suis moi-même d’Amiens », lui répond l’homme tout de bleu vêtu. Les deux Picards ne se sépareront qu’une heure et demie plus tard. « Nous avons parlé de tout et de rien, des anecdotes de sa vie, ses amis… Il connaissait beaucoup de monde à Saint-Quentin. C’est un homme simple, chaleureux, convivial, un humaniste avec un grand H. » Depuis, Christiane revoit souvent le célèbre propriétaire du cabaret montmartrois de transformistes. En juin dernier, elle faisait même partie des invités pour fêter son 87e anniversaire. Aujourd’hui, la Saint-Quentinoise prend à cœur la promotion du livre de son ami : « Michou, prince bleu de Montmartre », le récit d’une vie exceptionnelle consacrée au bonheur du public depuis 1956. Alors Michou, peut-être bientôt à Saint-Quentin pour une séance de dédicaces ?

INTERVIEW EXPRESS

Vous êtes Picard, originaire d’Amiens, vous connaissez Saint-Quentin ?
– Michou : « Bien sûr, j’y ai une de mes fidèles fans et amie, Christiane, et ma petite gouvernante est aussi de Saint-Quentin. J’y suis déjà venu et c’est avec beaucoup de plaisir que j’y retournerai. »
Les plus grands se sont faits photographier à vos côtés : Belmondo, Delon, Johnny… Chirac vous a même remis la Légion d’honneur. Quel regard portez-vous sur votre parcours ?
– Michou : « C’est extraordinaire, je ne m’attendais pas à faire une telle carrière. Aujourd’hui, c’est très difficile. J’ai eu la chance de connaître la belle époque, il n’y avait pas toutes ces lois, ces charges…
Je plains beaucoup les jeunes. »
Vous publiez un livre : « Michou, prince bleu de Montmartre »…
– Michou : « J’y raconte ma vie, des anecdotes. Il était pour moi important que je laisse une trace de ce fabuleux destin, c’est une ode à la vie. L’intégralité des droits de ce livre iront au profit des gamins de Montmartre, les petits poulbots. D’ailleurs, en hommage à ma grand-mère qui m’a élevé, chaque mois depuis 40 ans, je reçois à déjeuner 80 mamies et papys de Montmartre, c’est entre autres choses ce qui m’a valu la Légion d’honneur. »
Quel regard portez-vous sur les gilets jaunes ?
– Michou : « C’est triste, malheureux… »