Bertrand à la conquête de la grande Région

Répondant à la demande d’une centaine d’élus, Xavier Bertrand s’est officiellement déclaré candidat à la présidence de la grande région Picardie-Nord-Pas-de-Calais. Un challenge de taille sur les terres où le Front national a réalisé ses  meilleurs scores mais où, pourtant, Marine Le Pen hésite encore à s’engager. Le maire de Saint-Quentin s’en explique…

Pourquoi avoir annoncé soudainement votre décision d’être candidat ?
X.B. : « J’avais pris ma décision, je ne voulais pas faire durer le suspense. Même si la campagne ne s’engagera qu’après les départementales, il était important pour moi de jouer cartes sur table. »

Qu’est-ce qui a motivé ce choix d’aller en découdre avec le Front national ?
X.B. : « Cette nouvelle grande région est une chance formidable de tourner le dos au déclin. Nous ne retrouverons jamais une telle occasion. Pour diriger et gagner la région, je vais fédérer, rassembler et mettre fin aux bisbilles entre candidats. En politique, il faut du courage. Je sais que cette élection  sera très difficile, mais je n’ai pas peur de m’engager. »

Quel sera votre principal adversaire dans ce scrutin ?
X.B. : « Ceux qui ont créé le déclin, le PS, et ceux qui  en profitent, le FN. C’est pourquoi je m’engage clairement et  commence ce combat dès maintenant. Pour moi, les choses sont claires, ma liste et mon projet  seront les mêmes au premier et au second tour.  Nous allons faire une union très large. »

Quels seront les points forts de cette grande région ?
X.B. : « L’économie et l’emploi, avec une priorité pour les jeunes, l’apprentissage. Aujourd’hui, nous les formons mais nous ne leur trouvons pas de travail, je veux rompre avec cette fatalité. La grande région permettra de faire le canal Seine Nord. Ce sont des emplois et de vrais débouchés. Nous aurons aussi des grands projets avec la robonumérique, les jeunes qui suivront une formation dans ce domaine trouveront un emploi. Nous devons créer les nouveaux emplois de demain. »

Si vous êtes élu, vous serez contraint de quitter votre fauteuil de maire…
X.B. : « Oui, mais je resterai adjoint au maire et président de la communauté d’agglomération. J’ai fait le choix de Saint-Quentin, si je suis élu, je quitterai  l’Assemblée nationale. Un président de Région qui ne garde pas un contact avec le terrain devient un technocrate, cela je ne le veux pas. »

Qui pourrait vous succéder à Saint-Quentin en qualité de premier magistrat ?
X.B. : « Ce n’est pas le sujet aujourd’hui, il faut d’abord que je sois élu. J’ai prévenu, il n’y aura pas de désordre au sein du conseil municipal, ni avant, ni pendant, ni après. On doit respecter les électeurs, il n’est pas question de laisser la politique envahir le conseil. »

Cette décision aura-t-elle des conséquences sur votre candidature à la primaire pour la présidentielle de 2017 ?
X.B. : « Cela ne changera rien à ma liberté d’expression et de penser. Je continuerai à porter mes convictions,  comme celle du rétablissement d’un service national obligatoire. Nous n’allons pas remettre en place le service d’autrefois avec des armes. En revanche, je veux un encadrement de nature militaire avec le drapeau, un uniforme, une discipline, des règles. Un service d’au moins trois mois que je trouve indispensable aujourd’hui. »

Où sera situé le siège de cette nouvelle région ?
X.B. : « Lille sera la capitale régionale. Mais il faudra que chacun, de la côte d’Opale à la Thiérache, trouve sa place pour se développer. »

NB : si leurs dates précises n’ont pas été fixées, les élections régionales auront lieu en décembre prochain.