Bernard Carré s’est éteint Boxe : la machine à fabriquer des champions a raccroché les gants

Le monde du noble art est en deuil avec la disparition de Bernard Carré à 86 ans. Ancien boxeur professionnel des Ardennes, il s’était rapidement forgé une réputation en Picardie, formant de très jeunes garçons non pas à devenir des gladiateurs du ring des temps modernes mais à l’art pugilistique au sens noble du terme, l’escrime du poing. Des boxeurs tous rapidement redoutés lors des championnats régionaux, puis nationaux et internationaux, championnats d’Europe, du Monde et même Jeux olympiques. Bernard Carré était avant tout un pédagogue, il avait en lui la science du ring, celle d’enseigner l’art de tenir son adversaire à distance avec des jabs qui martelaient le visage de l’adversaire en engrangeant les points qui mènent à la victoire. Au Boxing Club Saint-Quentinois, au BC Lehaucourt qu’il avait fondé, il a collectionné les titres, formant sans cesse de nouvelles pépites, de la boxe éducative à la boxe professionnelle. Sanglier des Ardennes, il a fait renaître la boxe à Saint-Quentin après la fin d’une époque héroïque, celle des Popaul, Jacky Cailleau, frères Malézieux et tant d’autres encore, faisant de la cité des Pastels la ville du meilleur public de France avec des galas à plus de 5 000 entrées payantes. Alain Cuvillier, Jean-Paul Roux ou encore Thierry Roux ont été les premiers à éclore au plus haut niveau grâce à lui, ouvrant la voie à une immense lignée, celle des Thomas, Frénois, Karl, Averlant… qui fait encore vivre la boxe aujourd’hui et enflamme le public. Chevalier de la Fédération française de boxe (FFB), Bernard Carré restera à jamais gravé dans la mémoire de ceux qui ont croisé son chemin, boxeurs ou tout simplement supporters. « Il a été mon entraîneur durant treize ans. Monsieur Carré, c’était quelqu’un de très dur mais très franc aussi. Si on en est tous arrivés là, c’est grâce à lui. Il avait sa technique très académique mais très efficace. C’est un grand Monsieur qui nous a quittés », confie Tony Averlant, triple champion du Monde WBF chez les mi-lourds. « C’est une page de la boxe qui se tourne. Bernard Carré était un super formateur qui a fait de grands champions, cela nous touche beaucoup. J’ai toujours les bases qu’il m’a apprises. En terme de formation, il n’y a pas mieux. C’était un personnage, un grand monsieur », déclare « L’Expert », Guillaume Frénois, dans l’attente d’une nouvelle chance mondiale.
Les obsèques de Bernard Carré ont été célébrées le 16 septembre en l’église Saint-Eloi. « Les valeurs de respect et d’humilité qu’imposent le noble art, Bernard Carré les portait également hors des salles, ce qui faisait de lui un homme apprécié de tous », a souligné le maire Frédérique Macarez. St-Quentin Mag présente ses condoléances à Marie-Laure son épouse, sa famille et ses proches.  Erick Leskiw