Banco pour le Casino

Bientôt le jackpot pour l’ancien cinéma Casino qui, après plus de deux longues années de travaux, devrait définitivement renaître de ses cendres au printemps. Une véritable renaissance pour ce bâtiment emblématique du faubourg d’Isle qui aura pleinement joué la carte du « Jean qui rit, Jean qui pleure ». « Démarré en octobre 2018, le chantier a été sérieusement perturbé par la crise sanitaire, avant d’être confronté à des périodes d’intempéries. Des aléas qui ont naturellement rallongé la durée des travaux », regrette Thierry Dobrzynski, directeur du patrimoine bâti pour la Ville et l’Agglo. Quoi qu’il en soit, c’est un vrai travail de titan qui a été mené à bien pour redonner tout son éclat à cet ancien cinéma, dont l’acte de naissance remonte à 1929. « Les travaux se sont articulés en trois phases, détaille Thierry Dobrzynski. La première a consisté à démolir tous les planchers et cloisons du bâtiment, tout en étayant la façade Art déco et en préservant les décors intérieurs. La deuxième phase a servi à reconstruire la structure intérieure, recouler les planchers, refaire toutes les menuiseries extérieures et les charpentes pour une mise hors d’eau et hors d’air. Enfin, la troisième et dernière phase a concerné tous les travaux de second œuvre (plomberie, électricité, isolation, parquets…) et ceux de restauration des décors en stuc, plâtre, faux marbre, colonnes et pilastres en staff… »
Un travail d’orfèvre réalisé par des entreprises spécialisées. Et les fameuses têtes de nos amis « Jean qui rit, Jean qui pleure », symbolisant la comédie et la tragédie ? « Les deux têtes originales, en briques et ciment, étaient trop endommagés par le temps. Nous les avons donc numérisées à l’aide d’un drone pour ensuite en faire un moulage. Elles ont ainsi pu être entièrement refaites, cette fois en béton léger, avant de retrouver leur place », explique Thierry Dobrzynski.
Promis à une nouvelle vie, l’ex-Casino va donc devenir une Maison de services à la population. Un espace d’une surface totale de 1 100 m2 qui, en plus d’une mairie annexe, va accueillir les activités d’associations et des étudiants du campus universitaire. Le bâtiment disposera également d’une vaste salle (500 m2) destinée à accueillir des conférences et événements de tout type. Bref, un édifice au service du rayonnement patrimonial et culturel de Saint-Quentin, où va battre le cœur du faubourg d’Isle…
 
La quincaillerie fait son cinéma
– Alfred Lefebvre, quincaillier installé à l’angle de la rue de Guise et de la rue de La Fère (actuelle rue du Général-Leclerc), décide au lendemain de la Grande Guerre de ne pas reconstruire la quincaillerie familiale, détruite par les combats. En 1919, il crée avec un ami une entreprise de production de briques, rue de Guise. Les besoins pour la reconstruction de la cité en font une entreprise prospère dans les années 20. Mais les besoins en matériaux se font moins pressants à mesure que la reconstruction de Saint-Quentin avance.
– Du coup, Alfred Lefebvre va se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle à la fin des années 20 en construisant la première salle de cinéma du faubourg d’Isle. C’est ainsi que le Casino ouvre ses portes le 22 juin 1929. Avec ses 1 270 places, réparties en parterre et balcon, c’est le plus grand cinéma de la région !
– Las, le Casino finit par péricliter à l’aube des années 70. D’abord reconverti en discothèque (fermée administrativement en 1978), il est ensuite transformé en magasin de meubles (« La Vieille France »). Mais en 2006, suite à un incendie, le bâtiment va fermer ses portes pour devenir l’ombre de lui-même…