Au nom de l’Empereur

Il s’appelle David Saforcada et depuis dix ans, ce Toulousain d’origine préside un mouvement qui revendique plus d’un millier d’adhérents à travers le pays : France Bonapartiste. Présent à Saint-Quentin le 14 septembre dernier, David est venu s’entretenir avec une petite dizaine de « fidèles » qui cultivent tous la mémoire de Napoléon. Mais comment diable peut-on être bonapartiste au XXIe siècle ? « Notre filiation intellectuelle et morale, c’est l’esprit des Napoléon mais aussi les valeurs qu’ils ont défendu en France, en Europe et dans le reste du monde. Napoléon Ier et son neveu Napoléon III sont véritablement les pères de la France moderne, leur empreinte est encore partout présente », insiste David Saforcada. Du reste, impossible de nier l’héritage légué au pays par ces deux réformateurs : à Napoléon Ier, on doit notamment le Code civil, la Légion d’honneur, la Banque de France, les lycées, les préfets… Quant à Napoléon III, il participa activement à la révolution industrielle et au développement du chemin de fer, initia l’enseignement supérieur ouvert aux jeunes filles tout en favorisant la naissance des droits sociaux dans le monde du travail. Bref, deux piliers de la grandeur de la France qui suscitent naturellement une bonne dose de nostalgie. Pour autant, pas question pour les adhérents de France Bonapartiste de réclamer un retour à l’Empire ! « Si nous nous appliquons à faire vivre la mémoire des empereurs, nous sommes résolument républicains et nous ne militons pas pour la restauration de l’Empire. » De fait, même Jean-Christophe Napoléon, potentiel prétendant au trône impérial français, ne le souhaite pas !
Mais au fait, comment David est-il tombé lui-même dans la marmite napoléonienne ? « J’avais 6 ans et dans la maison familiale, je suis tombé sur une carte postale représentant Napoléon au pont d’Arcole. Bien sûr, petit garçon, j’étais surtout attiré par les soldats de plomb mais en grandissant, je me suis intéressé au personnage et à sa dimension sociale et historique. » Une admiration naturellement partagée par les adhérents axonais de France Bonapartiste, dont le responsable local n’est autre que le jeune Saint-Quentinois Kevin Coquelet. Reste tout de même à savoir où se situe le mouvement sur l’échiquier politique national : « Ni bonnet blanc, ni bonnet rouge ! Nous n’acceptons d’être classés ni à gauche, ni à droite. France Bonapartiste n’est pas un mouvement de réaction tourné vers un passé glorieux mais au contraire un mouvement de progrès social et économique dans le respect de la souveraineté et de l’autorité », insiste David Saforcada, parfaitement à l’aise dans son rôle de grognard…
France Bonapartiste : infos 06 74 83 12 93 ou kevincoquelet@orange.fr