Apnée du sommeil. Une maladie à couper le souffle !

La Ville de Saint-Quentin et le centre hospitalier poursuivent leur Rendez-vous santé avec une nouvelle conférence consacrée cette fois à l’apnée du sommeil. Un « ennemi » qui frappe la nuit et qui toucherait 5 à 7 % des Français avec, à la clé, des complications médicales. Chargés d’animer cette conférence, Isabelle Rault et Youcef Douadi, tous deux pneumologues, nous en disent plus sur ces apnées du sommeil qui, retenez bien votre souffle, peuvent survenir de 30 à 500 fois par nuit et durer de 60 à 90 secondes…
Depuis quand la médecine s’intéresse-t-elle à l’apnée du sommeil et quelles en sont les manifestations ?
– Dr Douadi : « Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil a été identifié comme tel en 1976. Cela fait donc 40 ans que les médecins ont conscience qu’il s’agit là d’une maladie en soi, qui se manifeste par des pauses respiratoires répétées qui vont fragmenter le sommeil. Mais attention : il faut bien distinguer les ronflements de l’apnée du sommeil. Si tous les apnéiques sont des ronfleurs, en revanche tous les ronfleurs ne sont pas apnéiques. »
Qui peut être touché par l’apnée du sommeil ?
– Dr Rault : « Absolument tout le monde, les femmes comme les hommes et même, dans une moindre mesure, les enfants. La première cause de l’apnée du sommeil est le surpoids. Mais une forme spécifique de la mâchoire inférieure, des amygdales ou de la langue peut aussi intervenir. L’apnée obstructive survient lorsque les voies respiratoires supérieures se bloquent durant le sommeil. C’est-à-dire lorsque les tissus mous à l’arrière de la gorge réduisent le passage de l’air ou s’affaissent et se referment complètement durant le sommeil. Le corps réalise que la respiration est arrêtée et vous vous réveillez afin de reprendre une respiration. »
Cette perturbation répétée du sommeil n’est pas sans conséquence…
– Dr Douadi : « Effectivement, on se réveille épuisé, avec l’impression de ne pas avoir récupéré. Mais au-delà de la fatigue, l’apnée du sommeil peut également entraîner un risque majeur d’hypertension artérielle, voire d’accident vasculaire cérébral et d’infarctus. »
Quels sont les traitements ?
– Dr Rault : « Le plus utilisé est la ventilation par pression positive continue (PPC). Cela consiste à porter, durant la nuit, un masque nasal raccordé à un appareil qui souffle de l’air sous pression afin d’ouvrir les voies aériennes. Mais le vrai traitement doit s’attaquer à la cause. Par exemple, si le surpoids est à l’origine de l’apnée du sommeil, alors c’est au surpoids qu’il faut s’attaquer. »
Prévention de l’apnée du sommeil : conférence jeudi 12 avril à 19 h au centre social Europe. Entrée libre.