Algues vertes stop à l’invasion

Satanées algues vertes ! Depuis 2017, elles ont littéralement envahi le canal de Saint-Quentin, au grand dam des pêcheurs et des plaisanciers. Mais quelle est donc l’origine de ces plantes invasives qui, en l’espace de quelques années, sont parvenues à coloniser bon nombre de nos cours d’eau ? Réponse de Clarisse Piantoni, en poste aux VNF (Voies navigables de France) : « Elles ont pour nom savant myriophylle hétérophylle et sont originaires des Etats-Unis. à l’origine, on les utilisait comme plantes d’aquarium ou d’ornementation et malheureusement, on les retrouve aujourd’hui un peu partout en France dans nos étangs et nos canaux. » Celui de Saint-Quentin n’a pas fait exception et déjà en 2018, les VNF avaient orchestré une opération d’arrachage. Le hic, c’est que le myriophylle hétérophylle a la particularité de se rebouturer et de se développer très vite.
Si leurs tiges émergées dépassent rarement les 10 cm, c’est surtout sous l’eau que ces algues vertes se montrent envahissantes avec des tiges pouvant atteindre 1 mètre. De quoi empêcher les pêcheurs de taquiner le goujon en toute quiétude ! « Pour les VNF, la première des priorités reste la navigation, précise Clarisse Piantoni. à notre connaissance, ces algues n’ont jamais bloqué aucun bateau mais elles peuvent effectivement être prises dans les hélices et causer des désagréments. »
Le 26 août dernier, à la demande de la Ville de Saint-Quentin, les VNF ont lancé une nouvelle campagne d’arrachage sur une portion du canal comprise entre le pont de la gare et la BUL (Base urbaine de loisirs). D’un coût de 110 000 € à la charge des VNF, l’opération devait normalement durer six semaines mais va devoir être raccourcie. « L’objectif de 120 tonnes de déchets a effectivement été atteint beaucoup plus vite que prévu. L’ennui, c’est que sur ces 120 tonnes, il n’y a pas seulement des déchets végétaux mais aussi beaucoup d’ordures jetées dans le canal », regrette Clarisse Piantoni. Bouteilles, canettes, déchets en tous genres… Nombreux sont ceux qui s’évertuent à transformer le canal en vrai dépotoir. Résultat : toutes les algues vertes présentes sur la portion traitée par les VNF n’ont pu être arrachées. Un coup d’épée dans l’eau ? « Ce qui est sûr, c’est que face à ce phénomère invasif, les VNF vont devoir effectuer un travail de recensement et appliquer une stratégie à l’échelle nationale », souligne Clarisse Piantoni. Quoi qu’il en soit, le canal de Saint-Quentin devrait retrouver sa vraie physionomie le mois prochain. « Le myriophylle hétérophylle a la particularité d’apparaître au début du printemps pour être en pleine croissance au plus fort de l’été. Puis, dès le mois d’octobre, les algues vertes ne sont plus visibles puisqu’elles se réduisent à de simples rhizomes qui tapissent le fond du canal », détaille Clarisse Piantoni. De quoi offrir six mois de répit à nos amis pêcheurs. En espérant qu’au printemps prochain, les algues vertes seront moins nombreuses à squatter le canal…