100 % Charlot ! Rencontre nostalgique avec Jean Sarrus

Charlot un jour, Charlot toujours ? Jean Sarrus en est la preuve vivante ! Voilà bientôt un demi-siècle que le moustachu de la bande promène sa bonne humeur dans un monde décalé, où l’absurde flirte avec l’humour. Et si on ouvrait la boite à souvenirs ?

Vos premiers pas dans le showbiz, c’était en tant que musicien…
Jean Sarrus : « Exact. Tout jeune, j’ai été bassiste de Ronnie Bird, mais aussi de Dick Rivers. J’ai ensuite fondé Les Problèmes avec une bande de copains. On accompagnait le chanteur Antoine en tournée. On a même fait la première partie des Rolling Stones en province ! Faut dire aussi qu’à cette époque, on n’avait vraiment peur de rien. »

Ils étaient sympas, les Stones ?
Jean Sarrus : « Moi, j’osais pas trop leur parler parce qu’avec mon anglais scolaire, j’avais peur de passer pour un con ! Mais en coulisses, nous étions toujours fourrés ensemble. L’ennui, c’est qu’ils étaient souvent à la bourre. Du coup, quand ils tardaient trop, on reprenait nous-mêmes « Satisfaction ». Le public n’en revenait pas ! »

L’idée des Charlots, elle est née comment ?
Jean Sarrus : « En parodiant un morceau d’Antoine ! Lui chantait : « Je dis ce que je pense, je vis comme je veux ». Et nous : « Je dis n’importe quoi, je fais tout ce qu’on me dit ». C’était juste pour déconner mais un producteur a voulu en faire un 45 tours. Comme on ne souhaitait pas mettre nos vrais noms sur la pochette, j’ai suggéré les Charlots. Et là, sans qu’on s’y attende vraiment, on a fait notre premier tube ! C’était en 1966. »

Et le cinéma, il est arrivé comment dans la vie des Charlots ?
Jean Sarrus : « Encore une fois, totalement par hasard. Un jour, on reçoit le coup de fil d’un producteur de cinéma qui nous dit que la veille, ses enfants se sont marrés en nous voyant à la télé. Du coup, il nous propose de faire un film. Pour la petite histoire, c’était Michel Ardan, qui venait de produire « Les grandes gueules » avec Bourvil et Lino Ventura. C’est comme ça qu’on s’est retrouvé, en 1970, à tourner « La grande java », le premier film des Charlots. »

Ensuite, ce sera succès sur succès. Coup de chance ?
Jean Sarrus : « Je ne sais pas… On était surtout une bande de copains très insouciants et je crois que ça se ressentait à l’écran. Remarquez, on n’était pas vraiment comédiens et ça se voyait aussi à l’image ! » (rires).

Aujourd’hui, vous revenez sur scène avec un spectacle que vous baptisé « 100 % Charlot »…
Jean Sarrus : « L’idée m’est venue en 2009 quand j’ai fait la tournée « Age tendre et têtes de bois » avec mon vieux compère Gérard Rinaldi, qui nous a malheureusement quittés depuis… Avec ce spectacle, j’ai eu envie de montrer la face cachée des Charlots, c’est-à-dire vus de l’intérieur : l’envers du décor, mais aussi sous les draps (sic), derrière la caméra… J’évoque plein de gags, des scoops, des histoires vraies. Autant de souvenirs qui donnent vraiment envie de rire. »

A l’affiche de la Boite à Rire :
Séances : vendredi 13 et samedi 14 juin à 20 h 30. Dimanche 15 juin à 17 h.
19, rue Anatole-France. Tél : 03 60 52 80 03.

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